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Le blogueur Jeremy Gisclon, alias "Jeremstar", en octobre 2017

le "Jeremstargate"

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Dans ce monde-là, on ne parle pas de complot pour se laver d’une accusation, comme le font les politiques, dans cet univers, on dit être accusé « pour faire du buzz »

Le blogueur Jeremy Gisclon, alias "Jeremstar", en octobre 2017
Le blogueur Jeremy Gisclon, alias "Jeremstar", en octobre 2017 Crédits : JOEL SAGET - AFP

Si vous êtes pré-millenials, autrement dit né avant l’an 2000, vous ne connaissez pas cette histoire… Et c’est pourquoi elle est intéressante. Elle a pour nom « Jeremstargate », elle implique Jeremstar, chroniqueur de la télé-réalité, commentant une autre actualité que la nôtre, celle des réseaux sociaux et de la télé-réalité. Ce chroniqueur a un ami, Pascal Cardonna, alias Babybel sur les réseaux sociaux, lequel est accusé aujourd’hui d’avoir profité de son amitié avec Jeremstar pour attirer à lui de jeunes garçons dont certains étaient mineurs. 

L’enquête est en cours et Libération de s’interroger ce matin en une, Pascal Cardonna est-il prédateur dans l’ombre de Jeremstar ? Ce qui est frappant, lorsque l’on découvre cette histoire, c’est qu’il n’est question que de célébrité. Tous les protagonistes de cette histoire, pratiquement tous les jeunes qui portent plainte ou estiment avoir subi les assauts de Babybel, évoquent leur souhait de devenir célèbres. Pascal Cardonna faisait miroiter la possibilité de rencontrer Jeremstar. Pourquoi ? Parce que Jeremstar est célèbre, quant à Pascal Cardonna lui-même, il considère qu’il est la victime d’une machination parce qu’il est célèbre. 

Dans ce monde-là, on ne parle pas de complot pour se laver d’une accusation, comme le font les politiques, dans cet univers, on dit être accusé « pour faire du buzz », parce que le buzz est le carburant premier de la célébrité, parce le buzz est aux candidats à la célébrité ce que la potion magique est pour Astérix, ce que l’ambroisie était aux dieux de l’Olympe. 

Pour la célébrité, on est prêt à tout, y compris à payer de sa personne, comme si ces jeunes, souvent fragiles et influençables nous dit Libération, étaient prêts à tout, pour être célèbres, voire pour fréquenter de près, parfois de trop près, la célébrité. Dans ce monde-là, il n’y a qu’un absent, la gloire. Eh oui, parce qu’être célèbre ce n’est pas être glorieux, on est glorieux parce que l’on a fait quelque chose, on est célèbre pour sa célébrité. 

Intervenants
  • Docteur en sociologie et producteur des Matins de France Culture
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