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Le Premier ministre Jean Castex lors de la conférence de presse au ministère de la Santé, Paris 12 novembre 2020

Jean Castex a été clair hier…

2 min

Je vais vous résumer son intervention, le Premier ministre a expliqué en substance qu’il fallait que rien ne change pour que tout change.

Le Premier ministre Jean Castex lors de la conférence de presse au ministère de la Santé, Paris 12 novembre 2020
Le Premier ministre Jean Castex lors de la conférence de presse au ministère de la Santé, Paris 12 novembre 2020 Crédits : Ludovic MARIN - AFP

Rien ne change en matière de bar, de restaurant, de librairie mais aussi parce qu’il n’y a pas de raison de faire de différence, rien ne change en matière de marchand de chaussures – je vous rappelle que pour les nihilistes russes une paire de botte était plus utile que Shakespeare, eh bien raté pour les nihilistes russes, la paire de botte et Shakespeare demeurent des achats superflus ou, en tout cas, non essentiel. Pour le reste Jean Castex a été clair hier, il a usé de moultes conjectures pour expliquer qu’on ne savait pas quand les bars et les restaurants rouvriraient, il y a des peut-être, des possibles, mais l’ensemble est soumis à trop de conditions pour que l’on puisse prévoir la situation à plus de 15 jours. Au fond ce qu’il y a d’exotique là-dedans c’est que nous vivons dans nos vie personnelles et collectives, pour la première fois dans l’histoire de notre humanité, sous l’empire du principe d’incertitude. Il n’y a plus rien de certain, tout est à déterminer, du coup les grands gagnants de cette période, car il y en a, sont les procrastinateurs. De la même façon que le moustique aime les contrées humides et chaudes, le procrastinateur navigue dans l’incertitude comme dans son milieu naturel, il ne peut rien prévoir, tout est remis au lendemain, il refuse de s’engager au-delà de l’heure qui vient – eh bien le monde entier s’est mis à l’heure de la "to do list" des procrastinateurs, tout pourra être décidé plus tard, pire, tout devra être décidé plus tard parce qu’aujourd’hui, on n’en sait rien. Pourquoi prévoir en décembre quelque chose que l’on ne pourra peut-être toujours pas faire en janvier ? Ce virus ne déteste pas seulement notre art de vivre, il abhorre les plans sur la comète, il vit conformément à cette maxime de Proust, Marcel Proust dans À la recherche du temps perdu : "Les difficultés que ma santé, mon indécision, ma "procrastination", comme disait Saint-Loup, mettaient à réaliser n'importe quoi, m'avaient fait remettre de jour en jour, de mois en mois, d'année en année, l'éclaircissement de certains soupçons comme l'accomplissement de certains désirs". La seule chose que l’on peut désormais planifier, c’est que toute planification doit être reporté à une date ultérieure. 

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