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Second degré : clivage entre la France "Petit Journal" et la France "Quotidien"

2 min

Nouveaux programmes, nouvelles équipes et "nouveau ton", le Quotidien (TMC) et Le Petit Journal (Canal Plus) ne cessent d'être comparés. En cette rentrée médiatique, à son tour, Guillaume Erner s'interroge : serait-ce l'incarnation de deux nouvelles France qui se divisent ?

Il existe désormais deux France, en plus de toutes les autres « deux France » que l’on connaissait déjà, «la France d’en haut » contre « la France d’en bas », « la France du beurre » contre la «France de l’huile» ...

Désormais, le combat oppose la France « Le Petit Journal » versus la France « Quotidien ». Ici, il faut faire un peu de pédagogie pour les auditeurs de France Culture qui n’ont pas ouvert leur télévision depuis la rediffusion du Mahâbhârata – version courte en 18 h - par Arte, en 1993. Jadis, il n’y avait que le Petit Journal de Yann Barthes sur Canal Plus. Mais aujourd’hui, le Petit Journal de Yann Barthes s’appelle « Quotidien », il est diffusé sur TMC, tandis que le Petit Journal de Canal Plus devient celui de Cyril Eldin. Tous deux s’affrontent sur un même terrain, le commentaire humoristique de l’actualité. Pour simplifier, on pourrait dire que dans l’opposition Le Petit Journal / Quotidien, on retrouve le traditionnel clivage humour de droite/humour de gauche. Eldin contre Barthès, c’est Thierry LeLuron contre Coluche, le bébête show contre les Guignols.Néanmoins, le clivage droite/gauche est de moins en moins opérant.

Par conséquent qu’est ce qui nous permet désormais de distinguer ces deux émissions ? L’ironie ! Le quotidien de Yann Barthes à l’ironie pour moteur. Qu’est ce que l’ironie ? C’est un discours qui fonctionne au premier et au second degré. Ce regard convient parfaitement à une époque qui redoute d’être dupe, où le soupçon est général. Regarder l’actualité avec l’œil de Yann Barthès, c’est simultanément participer à notre monde, tout en l’observant du dehors. L’ironie résume les contradictions de notre temps : impossible de s’en désintéresser, impossible de le prendre au sérieux. Au contraire, Eldin lui, utilise la dérision. A l’ironie, il préfère la satire. Toutefois, ce dernier type de rire est moins en phase avec l’époque où la tendance dominante consiste, d’une part, à rire avec Barthès, et d’autre part, à rire au détriment d’Eldin

Le premier est au second degré, le second au premier degré. Et, dans ces deux degrés de séparation, voila pourquoi ces deux France ne peuvent pas faire l’humour ensemble.

Intervenants
  • Docteur en sociologie et producteur des Matins de France Culture
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