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Un récit de la dernière élection présidentielle s’intitulait « rien ne se passe comme prévu »…

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Absolument, il était signé par l’écrivain Laurent Binet. Mais rétrospectivement, on se rend compte que tout à l’époque se passait comme prévu, tandis qu’aujourd’hui les prévisions à 12 heures semblent difficiles, pour ne pas dire impossibles.

Pendant très longtemps, les démocraties ont été des entités prévisibles et régulières comme des horloges franc-comtoises. Et puis progressivement, tout cela s’est déréglé… Il y a eu quelques signes avant coureurs : le 21 avril 2002, l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn.

Mais aujourd’hui, tout se passe comme si c’était tous les jours le 21 avril. Il y a quelques mois, Alain Juppé était élu, inutile pour lui de faire campagne ; ensuite nous avons eu droit à la candidature de François Hollande ; l’élection de François Fillon, elle, était pratiquement faite, mais ça c’était avant, avant que l’on apprenne que les Fillon travaillaient en famille, et maintenant c’est Benoit Hamon qui va défendre le PS alors qu’à peu près personne ne l’avait vu venir – rien ne se passe comme prévu.

Au-delà de la France, aussi, rien ne se passe comme prévu. En somme le monde semble obéir à un processus stochastique, tout semble désormais régi par des processus aléatoires, et ce qui semblait improbable hier peut désormais parfaitement advenir.

Pour se risquer à la moindre prévision il faut s’être trompé de période et c’est cela qui va rendre l’époque encore plus imprévisible. La démocratie, disait Baudelaire, c’est l’élection du premier venu. Eh bien maintenant, cette élection du premier venu se complique encore, c’est surtout celle de celui que l’on n’a pas vu venir.

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