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En meeting ce dimanche, Nicolas Sarkozy a raillé l'élite qui aime, "avec son panier, en osier, aller acheter des œufs frais"

Une force politique émergente : le parti anti-bobo

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Un parti est en train de conquérir la France et même, le monde : le parti "anti bobo". Des Etats Unis à la Pologne, l’anti-boboïsme devient le plus grand dénominateur commun, avec une singularité en plus : l’absence radicale de pro-boboïsme. Mais à qui cela profite-t-il ?

En meeting ce dimanche, Nicolas Sarkozy a raillé l'élite qui aime, "avec son panier, en osier, aller acheter des œufs frais"
En meeting ce dimanche, Nicolas Sarkozy a raillé l'élite qui aime, "avec son panier, en osier, aller acheter des œufs frais" Crédits : AFP

Comment distinguer le bobo ? En France, c'est celui qui achète les oeufs frais dans un panier en osier, à en croire Nicolas Sarkozy, raillant ainsi le "gastronomiquement correct" du bobo, autrement dit son orthodoxie. En effet, le bobo est accusé de tous les maux, y compris d'avoir un rapport précieux à la réalité. La haine du bobo est donc alimentaire, mais pas que. Si l'on croit leur détracteurs, leur bilan est terrible : ils inspireraient des politiques angéliques, congédiant le réel et les vrais problèmes. Bien à l’abri dans son quartier gentrifié, nés coiffés d’un bonnet en laine avec Libération et France Culture pour tout horizon, rien de ce qui est extérieur ne les atteindrait.

Nouvelle lutte des classes

Une nouvelle lutte des classes opposerait le bobo au peuple, ces gens-là aux "vrais gens". Les bobos vivraient dans un monde mythifié plein de migrants à accueillir, de criminels en voie de réinsertion et de nourritures bonnes pour le corps et l’esprit. Et puis, il y aurait la "vraie France", obnubilée par les roms, les chiffres des reconduites à la frontière et les caméras de vidéosurveillance. Somme toute, il n’existerait qu’une seule alternative en matière de sociologie de la France contemporaine, Eric Zemmour ou Vincent Delerm. Le clivage distinguerait un peuple pragmatique et sensé, de bobos enfermés dans l’idéalisme abstrait et la générosité inconséquente.

Ce dualisme là est bien commode. Il permet de camoufler toute droitisation de la pensée. D’où un double demi tour : lutter contre les bobos, c’est lutter contre des politiques irréalistes qui nourrissent le malaise et le Front National. Le bobo deviendrait donc l’allié objectif de l’extrême droite. Voilà pourquoi aujourd’hui, on croit faire le bien en faisant mal aux bobos.

Intervenants
  • Docteur en sociologie et producteur des Matins de France Culture
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