LE DIRECT
Bulletins de vote au nom des candidats Le Pen et Chirac lors du 2e tour de l'élection présidentielle, le 05 mai 2002 à Strasbourg.

Vous en avez assez de donner la parole aux invités ?

2 min

Eh bien oui, dans Les Matins, on entend trop les invités et pas assez ceux qui ne sont pas invités ou, plus exactement, ceux qui ne viennent pas.

Bulletins de vote au nom des candidats Le Pen et Chirac lors du 2e tour de l'élection présidentielle, le 05 mai 2002 à Strasbourg.
Bulletins de vote au nom des candidats Le Pen et Chirac lors du 2e tour de l'élection présidentielle, le 05 mai 2002 à Strasbourg. Crédits : OLIVIER MORIN - AFP

Je vous donne un exemple. Depuis dimanche soir, nous cherchons à inviter des ‘ni-ni’ et même, pour être plus précis, des ‘ni ni’ de gauche. Autrement dit, des intellectuels, des experts, des plombiers, des ce que vous voudrez qui sont sûrs d’ores et déjà qu’ils n’iront pas voter Macron, qu’ils n’iront jamais voter Macron, fût-ce avec une pince à linge, avec un tee-shirt, une photo de Che Guevara dans la main droite ou de Léon Trotsky, comme vous voudrez.

Eh bien figurez que l’on n’en trouve pas. Chaque partisan du ‘ni ni’ a un empêchement, il a piscine, c’est très tôt le matin, c’est plus compliqué que cela, et il ne peut pas dire les choses de manière aussi grossière que de dire qu’il ne vote pas ce qu’il ne va pas voter. Personne – je mets les politiques professionnels de coté – personne ne veut venir dire qu’il ne votera pas dimanche en huit, parce qu’Emmanuel Macron ne lui parait pas assez à gauche ou pas à gauche du tout, ou social-traître, ou traître tout court.

Reste à interpréter ces refus, refus pas toujours polis puisque certains invités potentiels nous ont même vertement reproché d’avoir pu croire qu’ils allaient ne pas voter contre Marine Le Pen. Derrière tout cela, il y a l’idée que personne à gauche ne veut assumer le risque d’une élection de Marine Le Pen, personne ne veut assumer la symétrie entre un candidat perçu comme étant à droite et un candidat d’extrême-droite.

Autrement dit, tous les discours rétrospectifs sur le vote Chirac de 2002, vote taxé d’escroquerie, sont des discours purement verbaux. Comme si au second tour aussi il fallait voter utile, autrement dit voter Macron, comme si cette fois-ci l’utopie c’était le ‘ni-ni’.

L'équipe
Production

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......