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Portrait de Hélé Béji (pris en 2011)

Hélé Béji : "On assiste à l’expansion du religieux dans les démocraties."

27 min
À retrouver dans l'émission

De l'énième polémique sur le voile des femmes musulmanes aux résultats de la présidentielle en Tunisie, avec l'intellectuelle et essayiste tunisienne Hélé Béji.

Portrait de Hélé Béji (pris en 2011)
Portrait de Hélé Béji (pris en 2011) Crédits : Catherine Hélie © Éditions Gallimard

Hélé Béji est une intellectuelle tunisienne, fondatrice du Collège international de Tunis, ancienne fonctionnaire internationale à l'Unesco. Depuis la publication de son premier ouvrage en 1982 intitulé Le Désenchantement national, essai sur la décolonisation, Hélé Béji alimente la réflexion à propos des dérives autoritaires dans les sociétés post-coloniales et, plus tard, propose une réflexion sur la place du voile au sein de nos sociétés occidentales.

Elle vient de publier Dommage, Tunisie (Collection Tracts, Gallimard), mais en 2011 elle avait écrit Islam pride : derrière le voile (Gallimard). Avec elle, nous abordons donc l'énième polémique sur le voile musulman, relancé par un élu du RN qui a pris à partie une mère voilée lors d’une sortie scolaire au Conseil régional de Bourgogne France Comté. Les crispations ne sont pas nouvelles, elles ont trente ans en France, mais elles prennent une tournure virulente sur la place de l’Islam dans la société et la laïcité à la française. Cette question divise le gouvernement et enflamme les plateaux de télévision où se libère une parole nauséabonde. Qu'en pense cette intellectuelle laïque?

Sur le principe, Hélé Béji envisage le dévoilement des femmes par elles-mêmes, légiférer contre le port du voile ne ferait que créer des tensions au sein d'une société qui tend porter les prédilections intimes sur la place publique. 

" Le voile a été interdit en Tunisie, il a disparu pendant cinquante ans et quand la démocratie est arrivée, le voile est réapparu."

A travers son essai, elle apporte une réflexion sur les dynamiques mêlées de la religion et de la démocratie. Elle ose aborder les dysfonctionnements et les violences associées à la démocratie imposée, exportée au Moyen-Orient sous couvert de liberté.

L'exportation militaire de la démocratie a enflammé un patriotisme religieux. La peur de la dictature n’existe plus en Tunisie, mais la tyrannie peut venir d’en bas, de vieux usages, de conformismes sociaux très violents qui recréent des violences idéologiques.

Le choix musical de Hélé Béji :

"Everywhere we Looked was Burning" de Emel Mathlouthi, chanteuse tunisienne qui a incarné la révolution tunisienne. Emel a partagé ses idéaux en chantant dans la rue, elle est devenue l'égérie de la jeunesse tunisienne en quête de liberté et de dignité.   

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  • Ecrivain et essayiste, fondatrice et présidente depuis 1998 de la société littéraire « le Collège international de Tunis ».
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