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La docteure en science, fondatrice et dirigeante de la société In Silico Véritas, spécialisée en algorithmes, Aurélie Jean.

Aurélie Jean : "La peur des algorithmes vient de leur méconnaissance"

26 min
À retrouver dans l'émission

Alors que l'application de traçage StopCovid entrera en vigueur le 2 juin, quelle place pour l'intelligence artificielle dans la lutte contre l'épidémie de coronavirus ? Nous en discutons avec la docteure en sciences et entrepreneuse spécialiste des algorithmes, Aurélie Jean.

La docteure en science, fondatrice et dirigeante de la société In Silico Véritas, spécialisée en algorithmes, Aurélie Jean.
La docteure en science, fondatrice et dirigeante de la société In Silico Véritas, spécialisée en algorithmes, Aurélie Jean. Crédits : Géraldine Aresteanu

L’application StopCovid a été validée par le Parlement mercredi après avoir été approuvée par la CNIL, et devrait donc être lancée sur les smartphones afin d'accompagner la 2e phase du déconfinement le 2 juin. Cet outil de traçage numérique, qui fonctionnera par bluetooth et n'utilisera pas la géolocalisation, alertera ses utilisateurs, volontaires, s’ils se sont trouvés à moins d'un mètre, et pendant au moins quinze minutes, d'une personne contaminée par le coronavirus. 

Depuis le mois d’avril, StopCovid suscite une intense polémique, tant sur la protection de la vie privée que sur les libertés individuelles. Le Premier ministre a voulu mettre fin aux inquiétudes lors de son allocution avant-hier, nous revenons sur ces débats parfois à fronts renversés ce matin, mais aussi sur ce qui distingue cette application de traçage du « tracking », les data des algorithmes, sur le rôle de l’intelligence artificielle dans la lutte contre la pandémie et sur l’image de la science aujourd’hui. Petit éloge de la méthode scientifique et de l’esprit critique…

StopCovid est un sujet qui concerne la data et non les algorithmes. Ici, les datas qui sont manipulées ne vont pas être rentrées dans un algorithme pour qu'en sorte une prédiction ou une analyse. L'algorithme, lui, est destiné à donner un élément prédictif, une analyse. Là, c'est vraiment un sujet plus simple, où les "id" sont échangées entre les individus qui se trouvent à proximité les uns des autres, via le bluetooth. 

Il  y  a un rejet épidermique ou une réaction de fantasme envers les algorithmes. En général, nous avons peur de ce que nous ne comprenons pas. Les derniers scandales autour des datas et des algorithmes ont porté les gens à se méfier de ces entités mathématiques, sans comprendre comment elles fonctionnent. Il est vrai, aussi, que les gens qui les développent ne sont pas toujours dans la transparence et ne cherchent pas à expliquer le fonctionnement des algorithmes. 

On apprend toute sa vie. Il s'agit de comprendre comment on apprend. La méthode scientifique a une forte valeur ajoutée car elle utilise les quatre piliers fondamentaux de l'analyse et permet de développer son esprit critique. Il s'agit d'observer, d'expérimenter, de faire usage d'une certaine théorie et, enfin, de raisonner. Même si cela s'appelle la méthode scientifique, elle peut s'appliquer dans tous les domaines.

Le choix musical d'Aurélie Jean  ♪♫

  • What makes me think about  you - Nicolas Godin

Pour aller plus loin : 

Pour approfondir le débat sur l'application "StopCovid" :

Chroniques

8H30
3 min

A propos d'ailleurs

Journal de Wuhan
8H45
4 min

La Revue de presse des idées

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Intervenants
  • Ph.D., docteure en sciences des matériaux et en mécanique numérique, fondatrice et dirigeante de la société In Silico Veritas spécialisée en algorithmique et en modélisation numérique
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