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"Halte" de Lav Diaz

Dans les nuits de Lav Diaz

22 min
À retrouver dans l'émission

Benoît Bouscarel reçoit le cinéaste philippin Lav Diaz pour son nouveau film "Halte" en salle le 31 juillet.

"Halte" de Lav Diaz
"Halte" de Lav Diaz Crédits : Lav Diaz / ARP Sélection

A travers un récit d'anticipation, Lav Diaz explore dans Halte, son 23ème long métrage, de nouveaux rapports entre la fiction et l'Histoire. En "seulement" 4h39 (la durée de ses films oscillent entre 4 et 10 heures), le cinéaste développe une multitude d'intrigues qui résonnent comme un constat sombre de notre époque : du despotisme à l' urgence écologique.

Tous mes films s’intéressent à l’examen et à l’exploration du passé. Avec plus de 300 ans de colonisation espagnole, l’intervention américaine qui a duré également un siècle, l’occupation très brutale des Japonais pendant la guerre et les années de la dictature martiale de Marcos. Mes films explorent tout ça.  Lav Diaz

J’utilise la science-fiction comme genre pour pousser davantage le discours. Ça fait partie des attributs de la science-fiction. Le film n’a pas de limites en termes de discours, en termes de description de ce qui se passe. C’est le futur certes, mais ça parle aussi du passé et du présent.  Lav Diaz

Ce gouvernement de Duterte fait écho aux années les plus sombres de la loi martiale qui avait été imposée par Marcos. La première victime c’est la liberté d’expression. Notre principal défenseur des droits de l’homme, Leila Magistrado de Lima, est en prison. On est une fois de plus dans une espèce de trou noir. C’est là qu’il faut avoir une utilisation des médiums comme le cinéma pour montrer l’urgence, pour se confronter au diabolique rampant. Mon cinéma a ce genre de responsabilité.  Lav Diaz

C’est vrai, j’ai été journaliste. J’ai exercé cette profession quand j’étais jeune. D’une certaine manière, je fais des films d’investigation, des films dialectiques aussi. Autant que je le peux, je veux m’impliquer socialement dans mon travail. Avec le cinéma, je veux faire partie de cette conversation, quelque chose qui soit vraiment lié à toutes les luttes qui se passent dans mon pays. Ça rend mes films universels. C’est un peu des mécanismes qu’on voit partout dans le monde.  Lav Diaz

La mémoire est connectée à l’âme. Il faut toujours nous confronter au passé, il ne faut pas l’oublier. Parce que le passé c’est ce qui influence les êtres humains. La démence, l’oubli, c’est un véritable problème. En psychiatrie, on appelle ça le déni. Le monde est devenu un hôpital psychiatrique tellement vaste aujourd’hui… Il faut qu’on oblige les gens à se souvenir c’est-à-dire faire redevenir humains les humains.  Lav Diaz

Mon cinéma est peu orthodoxe. Ce n’est pas un cinéma commercial. Ce n’est pas un cinéma qui cherche à se vendre. C’est un cinéma qui n’est pas « à vendre ». Jamais. Les gens qualifient mon cinéma de lent ou d’ennuyeux. Et il y a même des gens qui l’ont qualifié de « cinéma comateux ». Mon film s’intéresse à des choses qui sont fondamentales et ça a à voir avec l’insubordination. Je crois qu’il faut qu’on soit non conventionnels pour lutter contre l’orthodoxie qu’on rencontre partout dans le monde. Il faut qu’on ait des choses qui nous aiguillonnent. Le cinéma a ce pouvoir-là.  Lav Diaz

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