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Joel Meyerowitz : " Pour moi, la photographie est le véhicule de mon existence"

25 min
À retrouver dans l'émission

A l’occasion de Paris Photo, nous recevons le grand photographe américain Joel Meyerowitz qui publie Rétrospection, un ouvrage couvrant l'ensemble de sa carrière. Il est également présent à la galerie Polka, à Paris, pour son exposition INSIDE | OUTSIDE (visible du 8/11/18> 12/01/19).

Crédits : Roberto Serra - Iguana Press - Getty

C'est grâce au photographe Robert Frank que je suis arrivé à la photographie. J'étais un jeune directeur artistique dans la publicité quand il est intervenu dans l'un de mes projets. A l'époque, je ne connaissais rien à la photographie et après l'avoir vu à l'œuvre, je suis retourné à mon bureau et j'ai démissionné aussitôt. J'ai ensuite emprunté un appareil photo, je suis sorti dans la rue et c'est ainsi que j'ai débuté dans la photographie. 

Joel Meyerowitz a longtemps eu la pratique d'utiliser deux appareils photo et deux pellicules, couleur et noir et blanc. Il explique qu'il ressentait un manque lorsqu'il n'avait que son appareil noir et blanc :  

Il y a une absence à travailler qu'en noir et blanc... je voulais la complétude de mes émotions, de mes qualités de réaction et seule la couleur pouvait me le fournir. 

En voici un exemple, deux photographies prises dans le Bronx à New York en 1968 : 

C'est une image parfaite pour décrire la différence entre une photo couleur et une photo noir et blanc. Sur cette version, ces deux jeunes filles Afro-Américaines ont juste l'air d'être habillées en blanc et leur tonalité de peau est noire. Or dans la version couleur, on voit que leurs lèvres sont comme des fruits écarlates, les radiations de leur peau... tout cela donne un délice visuel, elles sont somptueuses. On ne le voit pas dans la photo noir et blanc... on manque de chaleur, de chaleurs humaines. J'adore l'art de la photo noir et blanc mais cela réduit le monde visuel à une échelle de gris et je pense, qu'en tant qu'être humain, nous avons une capacité supérieure à sentir la richesse sensuelle qui est autour de nous et j'ai moi-même besoin de cela.  

Joel Meyerowitz est l'un des photographes dits "de rue", les street photographer, les plus connu au monde.  Voici son sentiment sur l'une de ses photos prise à Paris en 1967 : 

Je n'ai jamais oublié ce moment... l'un de ces moments urbains. Je marchais dans les rues de Paris lorsqu'il y a eu un mouvement de foule que j’ai suivi. J’ai découvert un homme à terre et un autre, un ouvrier, qui l'enjambait avec un marteau à la main. Tout le monde regardait cet homme mais personne ne voulait l’aider. Moi-même j'aurais bien voulu mais je ne savais pas comment, je ne parlais pas un mot de français... Cette photographie, l'une de mes photos "classiques", soulève plus qu'une question qui serait de savoir si l'ouvrier a frappé l'homme qui est à terre... Elle relève un problème plus social et plus important qui est la manière dont on vit dans une grande ville, comment on est déshumanisé. 

Pour aller plus loin...
Le site internet de Joel Meyerowtiz.
Pour plus d'information sur son exposition "INSIDE | OUTSIDE" en cours à la Galerie Polka (du 8 novembre au 12 janvier 2019).
Information sur Paris Photo, la foire internationale de photographie d'art (du 8 au 11 novembre 2018). 

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