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Nathalie Azoulai © ETIENNE LAURENT/EPA/MaxPPP

Nathalie Azoulai : "J'écris sur une ligne de crête entre le sentimental et le cérébral"

26 min
À retrouver dans l'émission

L'écrivaine Nathalie Azoulai, lauréate du Prix Médicis en 2015, a fait paraître chez P.O.L deux romans, Clic-Clac et En découdre.

Nathalie Azoulai © ETIENNE LAURENT/EPA/MaxPPP
Nathalie Azoulai © ETIENNE LAURENT/EPA/MaxPPP Crédits : ETIENNE LAURENT/EPA/MaxPPP - Maxppp

Dans son dernier roman Clic-Clac paru chez P.O.L cette année, Nathalie Azoulai raconte une cinéaste, qui, à la mort de sa mère, entreprend de tourner un film. Un film sur une histoire d'amour, mais qui commencerait par la fin, 'la vraie fin, c'est-à-dire bien après la rupture, plusieurs années après'. Un film sec et rapide sur l'extinction du grand amour, pour conjurer les mélos qui la faisaient pleurer à ses quinze ans et montrer, cette fois, des femmes qui ne trembleraient pas face à l'amour perdu. Rattrapé par sa propre sentimentalité, le personnage imaginé par Nathalie Azoulai dans ce très beau roman interroge tout à la fois le cinéma et ses représentations, la généalogie et la construction de soi, l'amour naissant et celui qui s'éteint.

Dans son petit cousin En découdre, toujours chez P.O.L. c'est encore d'une femme qu'il s'agit. Pas créatrice cette fois, mais aimant les musées et les fréquentant. Dans l'un d'entre eux, elle s'interroge sur le rapport qu'entretient le gardien de musée avec l'existence, et avec les oeuvres qu'il garde. Confrontée à une rencontre impossible, elle entame avec lui un dialogue intérieur.

Deux beaux livres parus cet automne et liés entre eux par une certaine conception de l'art et de l'ascension sociale. 

Quand j’explore les processus créatifs des autres, comme ceux de la cinéaste de mon livre, j’explore les miens. J’ai pour habitude, et aussi pour façon de vivre, de vivre au milieu de références et de voir comme on les détourne, on les fait évoluer, comment on joue contre. C’est ma manière d’être.

Il y a dans le cinéma, qu'il soit français ou américain, cette scène un peu archétypale, qui fait partie de la vie et qu'il faut interroger : celle qui arrive bien des années après la rupture, quand des amants qui se sont aimés follement, se retrouvent mais sans que l’amour ne redémarre. C’est une scène hybride, intermédiaire, sans nom, qui est l’occasion de regarder l’histoire avec un autre point. 

Le cinéma a été fait majoritairement par des hommes. Il y a forcément des implications. Je me suis donné la liberté de faire parler ces actrices vedettes, ces stars, et d’ouvrir un espace narratif, celui du making-of, dans lequel j’ai imaginé que ces actrices discutaient les indications de jeu. C’est une manière pour moi de remettre en jeu la question de l’égalité dans l’amour qui est pour moi une vraie question.

Il me semble qu’on est toujours polarisé entre une vivacité sentimentale, et une exigence intellectuelle. On essaye toujours de faire gagner la  rationalité, la raison, la construction, la composition. Et l’émotion vient s’immiscer à l’intérieur de cette composition. Pour moi ce livre était l’occasion de réfléchir à cette opposition

La situation du transfuge est, heureusement ou malheureusement, de toute éternité. Ce qui m’intéresse, c’est bien cette manière de venir d’un monde et d’arriver dans un autre, pour tanguer entre les deux, n’être bien nulle part. Ressentir une reconnaissance pour son parcours et une satisfaction, et une incapacité à se stabiliser. Cela existera toujours, car la société est faite de plusieurs mondes."

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