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Pierre Richard en 2018

Pierre Richard : "Pour jouer un maladroit, il faut être très adroit !"

29 min
À retrouver dans l'émission

Après son triomphe au théâtre du Rond-Point en 2017, le grand Pierre Richard reprend son « Petit Eloge de la nuit » cette fois-ci à La Scala Paris du 6 au 30 juin.

Pierre Richard en 2018
Pierre Richard en 2018 Crédits : THOMAS SAMSON - AFP

Il est le point commun entre François Perrin, Pierre Renaud et François Pignon. Il n’est plus blond mais l’a été. Il a toujours été relativement grand. Il ne porte pas de chaussure noire, mais rien que de dire cela, je sais que toutes celles et ceux qui nous écoutent ont déjà compris de qui il s’agit. Du haut de ses quelque soixante-dix longs-métrages en soixante ans de carrière, notre invité est surtout un grand acteur burlesque, qui a été l’un des piliers de la comédie populaire à la française des années 1970 et 80. Et à ce titre, il en a incarné des personnages ! Il a joué un peintre, un agent de police, un journaliste, un photographe, un violoniste, un comptable, un caissier d’hôtel, un instituteur, un cadre au chômage, un pasteur. Mais on pourrait aussi dire qu’il a été un homme distrait, un bienheureux, un timide, un fugitif, une chèvre même. Et pourtant, aux yeux des spectateurs que nous sommes, il n’est qu’un, lunaire et poète jusque dans ses maladresses, toujours en décalage, donc drôle et touchant. Après son triomphe au théâtre du Rond-Point en 2017, ce génie comique reprend son seul en scène Petit Eloge de la nuit mis en scène par Gérald Garutti et cette fois-ci à La Scala de Paris.

Je ne suis pas las qu’on me parle de mes anciens films comme Le grand blond et j’ai une nostalgie de revoir certains de mes camarades avec qui j’ai tourné. Mais c’est une nostalgie souriante, je suis heureux de les revoir. En réalité, ça me fait plaisir car, à ce moment-là, j’étais fait pour faire ces rôles-là, j'étais un acteur comique, maladroit. Mais pour jouer un maladroit, il faut être très adroit ! Avoir le sens de la distance et du tempo : un maladroit pourrait rater son ratage ! 

Il est vrai qu'au départ, je suis plus un acteur de cinéma, j'entretiens avec la caméra des rapports affectueux. Je sais qu’elle m’aime et je l’adore : je sais l’apprivoiser. J’ai fait beaucoup de films et je savais qu'il y avait beaucoup de spectateurs dans les salles mais moi, chez moi, je ne ressentais rien. Alors que, même si au théâtre il y a moins de monde, je les sens, ressens cette chaleur, c’est très différent. Mon talent c'est de faire rêver les gens avec de beaux textes. 

Je m'aperçois qu'il est plus facile de jouer des rôles dramatiques. A mes débuts, je n’étais pas prêt à jouer les rôles que je joue aujourd'hui, même ma voix n'était pas faite pour cela. Je n’étais pas prêt. La poésie est un refuge : je suis content de faire de la poésie tous les soirs. Cela me permet d’oublier... car je suis consterné par ce monde si matérialiste qui nous entoure. Et puis, j'ai un autre projet qui me transporte de joie. C'est une idée de Mathilda May : je serai tout seul en scène. Ce sera burlesque, poétique, muet et magique. J'ai des yeux d’enfant à chaque fois que je parle de ce projet avec elle. C'est un spectacle qu’on va commencer à travailler à l’automne. 

Pour aller plus loin :
Pour plus de renseignements sur Petit Eloge de la nuit à la Scala de Paris du 6 au 30 juin. 

Le choix musical de Pierre Richard  : J'me fous de tout  de Thomas Dutronc. 

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