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Le couple de chanteurs revisitera son répertoire de classiques favoris pour le concert du Met Opera

Roberto Alagna et Aleksandra Kurzak, en plein amour (de l'opéra)

20 min
À retrouver dans l'émission

Le ténor franco-italien et la soprano polonaise, époux depuis 2016, jouissent d'une renommée internationale, forts de leurs timbres exceptionnels et d'une complicité sans égal. Ce dimanche 16 août , ils donneront un concert en direct, diffusé sur la plateforme en ligne du Met Opera de New York.

Le couple de chanteurs revisitera son répertoire de classiques favoris pour le concert du Met Opera
Le couple de chanteurs revisitera son répertoire de classiques favoris pour le concert du Met Opera

Les deux artistes se produiront au Château de la Chèvre d'Or sur la Côte d'Azur à Èze. 

Un lieu insolite

Le château est un endroit "magnifique", entre jardins et mers. Le Met Opera a demandé aux chanteurs de réfléchir à un lieu insolite. Aleksandra Kurzak a répondu à cette sollicitation en proposant une production sur la terrasse extérieure. Le couple sera accompagné d'un quintet de cordes, compte tenu de la difficulté à élever un piano jusqu'au site.

Le Metropolitan utilise, selon les termes de Roberto Alagna "l'artillerie lourde" et "se donne les moyens" de réussir la représentation, avec de nombreuses caméras et une diffusion de documentaire notamment. L'expérience représente donc une "autre façon d'aborder l'opéra".

Le public derrière l'écran

Ce n'est cependant pas la première fois que les deux artistes se produiront en ligne : pendant le confinement, ils ont contribué à un gala virtuel organisé par le Met et à une soirée enregistrée au théâtre antique d'Orange pour une diffusion télévisée. Ils décrivent un rapport au public, habituellement très fort, qui est "bouleversé".  Pas question toutefois de s'y habituer !

N'oublions pas que ces événements sont aussi faits pour faire oublier au public le quotidien, les tracas du quotidien, le temps d'un spectacle, le temps d'un concert. Donc, soyons aussi optimistes en se disant que la musique adoucit les mœurs et nous permet d'affronter des tas de problèmes. Nous serons là, nous donnerons tout ce que nous avons pour pouvoir toucher le cœur du public et leur faire oublier les tracas du quotidien. Roberto Alagna.

Si les réseaux sociaux leur ont permis de garder le contact avec les spectateurs, leur première représentation à Palerme après une période d'arrêt, a fait l'objet d'un accueil très chaleureux de la part de ces derniers, laissant les deux artistes "très émus". Celle d'Èze permettra à nouveau de faire profiter le public de la musique sans qu'il soit présent. 

Faire vivre l'opéra

Il faut payer pour pouvoir écouter le concert. Pour un montant de vingt dollars, soit environ dix-sept euros, il sera possible d'y accéder virtuellement. La question du coût fait débat, mais aux yeux du couple, il est urgent de "faire vivre les artistes, les musiciens et toutes les institutions", après un confinement et même une période préalable caractérisés par une large offre gratuite. A ces propositions qui ne permettent évidemment pas de rémunérer les contributeurs, s'ajoute la fin des ventes de disques et l'essor des plateformes de vidéos en ligne. Le couple revendique donc un prix abordable, d'autant plus que plusieurs personnes peuvent profiter du spectacle pour un seul paiement. 

Un secteur en difficulté

Pour évoquer les problématiques qu'ils rencontrent, des artistes lyriques ont fondé à l'occasion du confinement une association nommée Unisson qui vise à faire entendre leur voix. Cette démarche est inédite. 

Vous savez, ce sont des solistes. Le soliste est seul. Dans le fond, c'est très difficile de réunir des solistes parce qu'il y aura toujours des gens qui auront besoin et qui vont accepter des conditions qu'un autre va refuser. Et c'est très difficile ensuite d'obtenir des réparations quand on voit que les artistes ne sont pas solidaires les uns avec les autres. Roberto Alagna.

Les difficultés du secteur s'expliquent par la crise récente, mais aussi par des motifs plus structurels. En précisant que l'Etat n'est pas l'unique solution, les artistes évoquent entre autres les abus de contrats. Ceux-ci, basés sur des modèles préétablis, ne leur permettent pas de bénéficier d'assez de repos ou les sollicitent pour des répétitions de manière excessive, par exemple.

Vie d'artiste et vie de famille

Les deux mondes, professionnels et privés, sont pour les artistes mélangés. Chanter ensemble est une manière pour eux de ne pas les faire entrer en contradiction. Le confinement fût l'occasion pour eux de profiter de leurs proches. Mais au quotidien, la solution n'est pas toujours évidente.

Dans ce métier, rien n'est sûr et rien n'est sécurisé. Un jour, on peut tout avoir, l'autre jour on peut ne plus rien avoir, on peut se réveiller sans rien. Alors toujours, on a la peur que peut être ça ne marche pas, que peut être la voix ne marche pas un jour. On pense que nous sommes privilégiés mais ça peut changer très vite. Aleksandra Kurzak.

Ainsi, réduire un peu le tempo et faire plus de pauses n'est pas si facile. Les artistes expriment leur inquiétude face à la  saison prochaine, qui risque d'être annulée, assimilée à une "épée de Damoclès".

Roberto Alagna et Aleksandra Kurzak à Èze, dimanche 16 août. 

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