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Stéphane Degout

Stéphane Degout : "Nous, interprètes, devons aller vers cette pureté mélodique et ce respect du mot, de la phrase"

26 min
À retrouver dans l'émission

Baryton, artiste lyrique de l’année aux Victoires de la musique 2019, il est Oreste dans Iphigénie en Tauride de Gluck, mise en scène Robert Carsen au théâtre des Champs Elysées jusqu’au 30 juin.

Stéphane Degout
Stéphane Degout Crédits : Jean-Baptiste Millot

Voilà quelque vingt ans qu’il arpente les plus grandes scènes. Mais cette année a commencé pour lui en fanfare, puisqu’il a été élu Artiste lyrique aux Victoires de la musique classique 2019 et auréolé d’un Grand prix de l’Académie Charles Cros après avoir reçu le prix du Syndicat de la critique.

On le surnomme désormais « le prince du chant français » et pourtant il joue souvent des rois, comme en ce moment au Théâtre des Champs Elysées à Paris où il incarne le roi d’Argos et de Mycènes, frère d’Iphigénie, Oreste…

Lorsque Gluck est arrivé à la cour de Louis XVI il s'est emparé du répertoire français, du style français, qui sont très spécifiques, et dont les fondations ont été construites par Rameau. La langue française a une couleur particulière qui n'est pas vraiment musicale, contrairement à l'italien. Ce n'est pas une langue qu'on chante, mais une langue qu'on parle. Gluck s'est emparé de ce que lui offrait la langue française pour aller vers une pureté de langage, une pureté mélodique et harmonique qui donne toute sa place au texte et au théâtre. Et nous, interprètes, devons aller vers cette vérité, cette pureté, ce respect du mot, de la phrase, et du dialogue.

Je travaille toujours en lisant d'abord les textes avant d'écouter la musique, que ce soit en opéra on en répertoire de récital. J'ai besoin du rythme de la phrase, j'ai besoin de la couleur des mots, qui est primordiale en poésie, et donc en mélodie française. Le théâtre du 18ème siècle est fortement inspiré de Racine et Corneille qui avaient eux-mêmes une musique du mot et de la parole. 

La voix est un muscle, qui évolue avec le temps. Cette voix nous dicte des choix : il y a des rôles qu'on peut aborder à un certain âge et d'autres qu'il faut laisser tomber. J'ai toujours gardé à l'esprit que Pelléas est un jeune homme et qu'il fallait un peu de cohérence. Je voulais arrêter ce rôle moi-même avant qu'on me suggère de l’arrêter. A Aix-en-Provence, il y a trois ans, c'était une production fantastique et j'ai pensé que c'était le bon moment pour dire adieu à ce rôle. 

Ses prochaines dates

>>> Iphigénie en Tauride, au théâtre des Champs-Elysées jusqu'au 30 juin.

>>> Le 5 août au Festival Voce Humana, à Lannion, pour un récital de mélodies françaises de Debussy à Duparc, Fauré et Ravel, avec Alain Planès au piano. 

>>> Du 26 novembre au 7 décembre prochain il incarnera le Comte Almaviva dans Les Noces de Figaro de Mozart au Théâtre des Champs-Elysées. 

Pour l'écouter ...

>>> Enfers de Rameau & Gluck, avec l'orchestre Pygamlion, direction de Raphaël Pichon (février 2018)

>>> Harmonies du Soir, mélodies de Debussy avec Alain Planès au piano (septembre 2018)

>>> Les Nuits d’été de Berlioz avec l'orchestre Les Siècles, direction de François-Xavier Roth (janvier 2019)

Et pour aller plus loin !

>>> Qui est Séphane Degout ?

>>> Quelle sont les différences entre un baryton et un basse ?

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