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Le quartier d'Eminonu, la mosquée Suleymaniye et le ciel d'Istanbul

Valérie Manteau : " En tant que romancière, je m'intéresse aux dynamiques collectives, à ce qui fait groupe"

17 min
À retrouver dans l'émission

Nous recevons Valérie Manteau, dont le roman "Le Sillon" paru aux éditions du Tripode a reçu le prix Renaudot.

Le quartier d'Eminonu, la mosquée Suleymaniye et le ciel d'Istanbul
Le quartier d'Eminonu, la mosquée Suleymaniye et le ciel d'Istanbul Crédits : OZAN KOSE - AFP

Nous voyageons ce matin aux côtés de Valérie Manteau : de Marseille à Istanbul, la romancière nous guide dans ces villes mouvantes tout en nous faisant découvrir une galerie de personnages fascinants. 

En tant que romancière, raconter la vie d'un quartier m'intéresse beaucoup.  Ce que j'ai observé à Istanbul, c'est la façon dont les gens se regroupent autour de causes, et ce qui leur fait une identité collective. C'est ce qui se passe aussi aujourd'hui à Marseille.

Il y a quelque chose de commun entre les villes de Marseille et Istanbul, même si les réalités sont évidemment très différentes. il y a des communautés en commun, comme les arméniens et les kurdes. Dans le livre je parle beaucoup de la minorité arménienne en Turquie et en en parlant côté français, avec les arméniens de Marseille, je me suis rendue compte des très grandes différences de la perception qu'ils ont de leur propre histoire. C'est pour ça que le livre se voulait très "vu de l'intérieur" de la Turquie et du point de vue des arméniens de Turquie.

Ce qui m'intéresse c'est la façon dont les gens qui sont impliqués dans des processus politiques - qu'ils soient sur le devenant de la scène ou simplement citoyens - sont affectés. J'essaye d'être très attentive à la façon dont la peur nous modifie, la peur d'un changement politique comme des peurs très concrètes : être arrêté, voir son environnement changer, être menacé.

Le livre est mixte au niveau du genre, avec une grande partie documentaire que j'ai entourée de fiction. Cette réalité est très complexe. Si je voulais raconter ce qui se passait aujourd’hui, en remontant le fil, je tombais sur Hrant Dink, ce journaliste assassiné en 2007 parce qu'il était arménien ; et si je raconte ça c'est compliqué de ne pas parler de l'histoire des arméniens de Turquie, ainsi que des autres minorités. Parce que ces problématiques-là, même si elles ont des histoires et des combats différents, convergent énormément. J'ai essayé de retracer une sorte de panorama de ce tissu de résistances qui existe encore, bien qu'en grande souffrance aujourd'hui, qui concerne des gens qui ont été assassinés et des gens qui gardent la mémoire de ces personnes-là.

Pour rendre hommage à l'écrivain israélien Amos Oz disparu hier, nous avons également rediffusé dans cette émission l'entretien qu'il avait accordé aux Matins du samedi en septembre 2016. A réécouter ici en intégralité.

Chroniques
7H40
12 min
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Bibliographie

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Le SillonValérie ManteauLe Tripode, 2018

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