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Valérie Zenatti : "Aharon Appelfeld s'intéressait à la part irréductible de chaque être"

26 min
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L’écrivaine et traductrice Valérie Zenatti publie "Dans le faisceau des vivants" (éditions de l’Olivier), récit sur sa relation de profonde amitié avec le romancier Aharon Appelfeld, disparu il y a un an, et dont elle a traduit nombre d'oeuvres.

Il y a un an, le 4 janvier 2018, disparaissait l’immense écrivain Aharon Appelfeld. Et il y a quelques jours à peine, c’est une autre grande figure des lettres israéliennes qui mourrait en la personne d’Amos Oz. En l’espace d’une année, c’est deux écrivains majeurs mais aussi deux grandes consciences de notre temps qui désertent la scène. Leur mort à tous les deux laisse un vide que seule la fiction sait combler, car il nous reste leurs œuvres monumentales, et celles qu’ils inspirent à d’autres écrivains tels notre première invitée ce matin, l’écrivaine et traductrice Valérie Zenatti qui publie en cette rentrée un très beau livre sur le grand écrivain israélien mort il y a tout juste un an, sur sa relation avec lui et partant sur elle, un récit intitulé Dans le faisceau des vivants.

J'ai longtemps cherché à cerner l’ébranlement de ma rencontre avec Aharon et puis l'ébranlement de sa disparition. C'est cela qui a conduit à la nécessité de ce livre. Pendant plusieurs semaines, j'ai voulu rester dans le silence. 

Aharon Appelfeld est né en 1932 à Czernowitz en Roumanie (actuelle Ukraine). Sa mère est tuée au début de la guerre, il est déporté avec son père dans un camp, mais parvient à s'évader à l'automne 1942. Il se cache ensuite dans les forêts d'Ukraine pendant plusieurs mois avant d'être recueilli. 

Au départ rien ne nous réunissait. Mais cette rencontre aussi bien littéraire qu'affectif avec Aharon Appelfeld, c'est cela même qui est au cœur de toute rencontre, ce quelque chose qui dépasse de très loin les données autobiographiques d'un être. Après la sidération de sa mort, après cette phase de silence, j'ai eu besoin d'aller au plus près de son histoire en me rendant dans sa ville natale. Là, la fiction et la réalité se sont emmêlées d'une manière très mystérieuse. J'ai traduit pendant des années les livres d'Aharon Appelfeld dans lesquels tous ces paysages étaient présents et là, ils étaient incarnés devant moi. 

Le choix musical de Valérie Zenatti : "The best is yet to come" de Stacey Kent 

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