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Yves Klein, Anthropométrie sans titre, (ANT 109), 1960

Emma Lavigne, nouvelle directrice du Palais de Tokyo, nous raconte Yves Klein

18 min
À retrouver dans l'émission

Emma Lavigne, directrice du Palais de Tokyo, est la co-commissaire de l'exposition "Le ciel comme atelier. Yves Klein et ses contemporains", présentée au Centre Pompidou-Metz jusqu'au 1er février 2021. Nous évoquerons avec elle ses nouvelles fonctions et la trajectoire artistique d'Yves Klein.

Yves Klein, Anthropométrie sans titre, (ANT 109), 1960
Yves Klein, Anthropométrie sans titre, (ANT 109), 1960 Crédits : © Succession Yves Klein c/o Adagp, Paris, [2019] - Cliché : Adagp Images

Depuis un an, Emma Lavigne est la présidente et directrice du Palais de Tokyo, à Paris. Avant cela, entre 2015 et 2019, elle dirigeait le Centre Pompidou-Metz, où se tient actuellement et jusqu'au 1er février 2021 l'exposition Le ciel comme atelier. Yves Klein et ses contemporains, dont elle est la co-commissaire. 

L'infini est devant vous

L'exposition Le ciel comme atelier. Yves Klein et ses contemporains est une mise en correspondance de l'oeuvre d'Yves Klein, artiste souvent rattaché au mouvement du Nouveau réalisme avec d'autres artistes et mouvement : les artistes allemands du groupe Zero, les Spacialistes italiens, mais aussi les Japonais du mouvement Goutal. 

Tous ces artistes ont été marqués par la tabula rasa de la Seconde Guerre mondiale. Ils ont au dessus de leur tête une menace qui les incite à créer autrement. Face à la guerre nucléaire, dans le contexte de la guerre froide, l'immatérialisation de l'art est une façon de résister à un monde où la destruction est une menace latente. Emma Lavigne

Yves Klein et son travail étaient emprunts, marqués d'une conscience de la précarité à l'ère atomique, où tout ce qui est matériel et physique peut disparaître du jour au lendemain. Il définit ainsi ses œuvres comme les "cendres de son art". De performances anthropométriques, où des corps viennent se plonger dans la couleur, à son "architecture de l'air", invention utopique permettant à l’individu, en lévitant dans le ciel, de rester libre dans ses mouvements. 

Il y a sans arrêt cette part d'utopie qui vient traverser son art, ce qui l'amène également à se rapprocher de la nature. On peut dire qu'il anticipe certains mouvement, comme le Land Art, lorsqu'il vient capter la vibration du temps, de l'air, de la pluie, de l'humidité sur une plage. C'est un art qui capte la pulsation sensible du vivant, ou de ce qui peut rester vivant face à la menace de la destruction. Emma Lavigne

Klein a une perception absolument infinie et inédite de l'art puisqu'il va jusqu'à dire que les couleurs sont les véritables habitants de l'espace. Il s'agit de reconquérir l'espace du ciel, par exemple quand il fait s'envoler mille et un ballons dans le ciel. On comprend que l'art quitte définitivement le statut d'un tableau ou d'une sculpture pour venir générer d'autres formes par le corps, mais aussi par rapport à l'espace et à l'architecture. Emma Lavigne

En tant que co-commissaire de l'exposition, Emma Lavigne avait pensé cette exposition comme un des événements phares des dix ans du Centre Pompidou-Metz. Elle se réjouit aujourd'hui de la bonne fréquentation de l'exposition face aux règles sanitaires, et de l'aboutissement de ce projet mûri dans le temps.  

Ce qui m'a passionnée, c'est de faire une exposition monographique, mais en même temps collective. Klein n'est pas tout seul dans sa tour d'ivoire, il dialogue avec une trentaine d'artistes, et notamment des artistes allemands dont nous sommes physiquement proches, à Metz. Emma Lavigne

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