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Zeina Abirached dans son studio parisien en novembre 2019, à l'occasion de la sortie de Prendre refuge, publié avec Mathias Enard.

Zeina Abirached : "Ce sont des images que l'on connait par cœur"

12 min
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Zeina Abirached, autrice de bande-dessinée libanaise pour qui Beyrouth est une inspiration fondamentale, est l'invitée de Chloë Cambreling au lendemain de la catastrophe survenue au Liban.

Zeina Abirached dans son studio parisien en novembre 2019, à l'occasion de la sortie de Prendre refuge, publié avec Mathias Enard.
Zeina Abirached dans son studio parisien en novembre 2019, à l'occasion de la sortie de Prendre refuge, publié avec Mathias Enard. Crédits : Paula Bayarte/EFE/Newscom/MaxPPP - Maxppp

Une ville reconstruite à reconstruire

Zeina Abirached est née en plein cœur de la guerre civile libanaise, et a consacré la majeure partie de ses bandes dessinées à effectuer "un devoir de mémoire", face à l'absence de commémoration et l'effacement des traces des destructions causées par la guerre. 

Et c'est vrai que les artistes, les intellectuels, les écrivains, les artistes de toutes les disciplines d'ailleurs, que ce soit au théâtre, la photo ou les (...) plasticiens, la bande dessinée, enfin, tous se sont appliqués à justement construire ce récit face aux non-dits officiels et à cette espèce d'amnésie collective. Zeina Abirached

Comme elle se l'est "appropriée" dans les années 1990 en y déambulant , elle considère qu'il faut aujourd'hui que les habitants se réapproprient leur ville, en passe d'être à nouveau reconstruite.  De quoi entretenir ou créer des liens "passionnés et passionnels" avec cette ville qui pose tant de questions relatives "à la ville, à l'urbain, à la société, à la circulation, à la mémoire, à l'histoire".

Manifestations de solidarité

Au surlendemain de l'explosion survenue à Beyrouth cependant, ce n'est pas encore le moment de l'écriture. L'autrice ne restera pas beaucoup plus longtemps à Paris, où elle vit depuis plus de dix ans. La capitale du Liban nécessite des "forces vives".

On m'a raconté, on m'a raconté des scènes incroyables. (...) c'est quand même incroyablement émouvant de voir les gens (...) qui n'ont pas de quoi manger, trois cent mille personnes qui se sont déplacées, qui sont là alors à découper des portes et les fenêtres, à remplacer des vitres. Il y a quelque chose de terrible aussi. Ce sont des images que l'on connaît par cœur et il y a quelque chose de terrible dans le retour de tout ça, de se reconstruire à nouveau. Mais c'est peut être l'occasion de reconstruire autrement et par la même occasion, de reconstruire un État. Zeina Abirached.

Même si elle préfère le temps long de la création artistique aux commentaires politiques directs, Zeina Abirached exprime toutefois, comme beaucoup de libanais, une "colère", face à un système politique sans bases "saines, claires et honnêtes".

Mathias Enard et Zeina Abirached, Prendre refuge. Editions Casterman, 2018.

Zeina Abirached, Le Piano Oriental. Editions Casterman, 2015.

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