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image extrait du film "Stefan Zweig, adieu l'Europe", qui sort ce 10 août dans les salles

Zweig en exil : une littérature

17 min

"Stefan Zweig. Adieu l'Europe" sort aujourd'hui dans les cinémas français. Un film de la réalisatrice allemande Maria Schrader, centré sur les années d'exil de Zweig en Amérique du nord et du sud, à partir de 1936, entre son arrivée au Brésil et son suicide en compagnie de sa femme.

image extrait du film "Stefan Zweig, adieu l'Europe", qui sort ce 10 août dans les salles
image extrait du film "Stefan Zweig, adieu l'Europe", qui sort ce 10 août dans les salles Crédits : X Verleih

En 1936, l’écrivain autrichien Stefan Zweig quitte définitivement l’Europe. « Stefan Zweig. Adieu l’Europe », film de Maria Schrader, en salles ce mercredi 10 août, raconte son exil, de Rio de Janeiro à Buenos Aires, de New York à Petrópolis.

Dire de Zweig qu’il était un homme de son temps relève du poncif, et pourtant on ne peut guère y échapper. Né en 1881 dans une famille de l’aristocratie viennoise, sa vie adhère aux grands événements qui bouleversent le monde et l’Europe du XXème siècle. Il voit l’Empire austro-hongrois s’effondrer, puis l’Allemagne, et enfin sa chère Europe, dont il estime la civilisation à l’agonie.

Un an après l’arrivée d’Hitler au pouvoir, le bruit des bottes le fait fuir Salzbourg pour Londres. Il regagne ensuite New-York, puis le Brésil où lui et sa femme Lotte se donneront la mort en 1942.

Car Zweig était un homme de nuance, nuances qu’il a développé tout au long d’une œuvre qui, d’ « Amok » au « Joueur d’échec », de «Vingt-quatre heures dans la vie d’une femme » à « La fin d’un monde » s’attache à décrire ses contemporains avec empathie, à écrire le monde par touches subtiles. Le manichéisme de l’époque troublée qui fut celle de la fin de sa vie explique en grande partie le dernier geste de cet humaniste convaincu, qui, au nom de son idéalisme, ne s’est pas engagé, ou si peu, dans la lutte contre le régime nazi.

En six moments-clés, six instants biographiques, Maria Schrader réussit le pari de rendre compte de la personnalité complexe de l’écrivain germanophone le plus traduit et le plus lu au monde. L’exercice était risqué, on eût tôt fait de tomber dans le jugement, la surinterprétation ou le pathos. Rien de tout cela dans ce film juste et fidèle, quoiqu’un peu long. Josef Hader interprète admirablement l’auteur de « Marie-Antoinette » : son regard reflète, au-delà de la mélancolie et de l’angoisse, le déchirement intérieur d’un humaniste européen qui ne put supporter la chute de son monde.

Nous recevons ce matin Gérald Garutti, auteur et metteur en scène, qui a adapté cette année au festival de Grignan la correspondance entre Stefan Zweig et l’écrivain et dramaturge Klaus Mann. Jean-Pierre Lefèbvre, professeur de philosophie et littérature allemande à l’ENS et traducteur, sera également notre invité.

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