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Le Premier Ministre Edouard Philippe

Edouard Philippe : "Les livres qui m'ont construit"

22 min

Le Premier ministre est l'invité des Matins d'été à l'occasion de la parution de son livre "Des hommes qui lisent" aux éditions JC Lattès.

Le Premier Ministre Edouard Philippe
Le Premier Ministre Edouard Philippe Crédits : PATRICK KOVARIK - AFP
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22 min
Edouard Philippe - 1ère partie de l'entretien

"Lorsque je regarde ma bibliothèque, je vois ce que j’ai appris et une bonne partie de ce que j’aime. Ces livres m’ont construit", écrit Edouard Philippe. Des hommes qui lisent est un ouvrage sur la manière dont les livres relient les hommes entre eux - comme cela a été le cas dans sa famille. Et le récit de la manière dont les livres qu’il a lus et aimés ont construit ce qu’il est, tout comme ses engagements.

Transmettre à travers les livres

Quand il commence ce livre, Edouard Philippe travaille ce que pouvait être une politique de la lecture, au moment où il conçoit celle qu’il veut mettre en oeuvre au Havre. Cela se transforme en un ouvrage sur les livres :

Au fur et à mesure que j’écrivais sur les instruments de cette politique culturelle particulière, sur la lecture et sur pourquoi je la mettais en oeuvre, je me rendais compte qu’en fait, j’étais beaucoup ce que j'avais lu. Et que je voulais expliquer cela aussi. [...] Ce que j’essaye de montrer, c’est comment les livres construisent une personnalité et aussi, d’une certaine façon, comment il créent des liens avec les autres.

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On dit souvent que ce sont les hommes qui relient les livres. Je suis frappé de voir combien les livres relient les hommes. Et combien, alors qu’ils ne se parlent pas forcément ou qu’ils ne se disent pas tout, le simple fait de lire des livres ensemble ou les mêmes livres, ou de s’offrir des livres, constitue des liens extrêmement puissants, qui se renforcent, qui travaillent ensuite. [...] J’ai écrit sur la transmission à travers des livres entre des personnes qui se connaissent et ne se disent pas tout.

“On est tous le produit d’un parcours”

Edouard Philippe aime à raconter l'histoire de son arrière-grand-père paternel (qu'il n' a pas connu ; issu d'une famille populaire du Havre, ce docker encarté à la CGT a aussi fait partie des premiers inscrits au PCF de la ville) :

Dans mon bureau au Havre, j’avais la carte de CGT de mon arrière-grand-père qui s’appelait Louis Philippe - ce qui est savoureux. Et le sabre d'officier que m'a offert mon autre grand-père quand j'ai fait mon service militaire dans l’artillerie. Cela m’avait beaucoup impressionné. On est le produit d'un parcours. Et ce qui est intéressant, c’est que dans ce parcours il y a des livres et des choses parfois contradictoires, et ce n’est pas grave.

Livres de chevet

Parmi les livres qui ont compté pour lui, Edouard Philippe cite les biographies de Léon Blum et Pierre Mendès-France par Jean Lacouture :

Ces biographies rendent ces personnalités extrêmement vivantes. Et quand vous fréquentez par les livres des personnalités alors même qu’elles sont mortes, vous avez le sentiment d’une relation qui s’installe, d’une conversation qui pourrait commencer à prendre place. [...] Ils deviennent des personnalités qui comptent. Avant les examens et les concours, j’avais une certaine tendance à aller chercher des livres qui me disaient des choses, et d’une certaine manière m’offraient des modèles, une forme d’apaisement et de sérénité qui pouvait être utile le lendemain, pendant les examens.

Goguel, Hayek, Aron : des lectures de gauche à droite

A Sciences Po, Edouard Philippe s’engage à gauche et soutient Michel Rocard. Pendant ses études, il lit des livres qui l’obligent à “sortir de [sa] zone de confort”- Peguy, Aron, Hayek... Et commence à s’éloigner un peu de la gauche :

La politique des partis sous la IIIe République de François Goguel est un livre qui m’a travaillé. Et j’aime bien cette expression de 'livres qui vous travaillent’. Vous les lisez, les trouvez intelligents, et puis dans la durée, ils produisent quelque chose. [...] Il y a quelques livres qui ont produit cet effet-là, dans le temps, tranquillement. Quand je parle de Goguel, lui, son opposition n’était jamais entre la gauche et la droite, mais entre le mouvement et l’ordre. La gauche n’était pas systématiquement le mouvement ni la droite systématiquement l’ordre. C'était plus complexe que ça. Et je trouvais cette façon de lire le passé extrêmement éloquente pour le présent et peut-être pour l’avenir.

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A cette époque, il lit aussi des philosophes :

Ils étaient honnis à gauche d'une certaine façon. Et probablement aussi honnis que méconnus , en tout cas de moi étudiant. Et ils m’ont fait me poser des questions sur ce que cela voulait dire une société dans laquelle on préserve la liberté, une société dans laquelle on organise une forme de justice sociale. C’était les livres de Rawls, de Hayek. [...] La première fois que je me suis baladé avec un livre de Hayek, mes copains de gauche étaient horrifiés. Ils pensaient que j’allais devenir un type abominable. Ils ont d’ailleurs peut-être finalement trouvé dans ma nomination à Matignon la confirmation de leurs angoisses.

La liberté comme “principe le plus essentiel”

Ce que raconte Edouard Philippe, c'est être "venu à la droite pour la liberté d'abord"

Moi je place la liberté au dessus de tout : liberté intellectuelle, d’expression, de manifester. Et cette prééminence que j’accorde à la liberté, je constate qu’elle me place plus souvent à droite qu’à gauche. Je le constate. Je m’en fiche un peu de savoir où on me classe. [...] Mais quand j’ai acquis cette certitude que le principe le plus essentiel pour la vie en société c’était de préserver les libertés publiques et la liberté individuelle, j’ai constaté que mes potes de gauche me classaient assez sûrement à droite. Et si c'est ça être de droite je l'assume complètement.

Yourcenar et le budget

J’essaye de continuer à lire mais c'est un effort. Aujourd’hui je lis énormément mais ce sont plus des notes et des rapports que des oeuvres de littérature Heureusement, j’ai Marguerite Yourcenar qui m’accompagne dans les arbitrages budgétaires. Donc j’oscille entre les notes de la Direction du budget et les Mémoires d’Hadrien. Ce n'est pas exactement le même style, il faut le reconnaître. Je sais ce que je préfère, mais c’est comme ça...

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Retrouvez ici la deuxième partie de l'entretien

Bibliographie

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