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Manifestations contre le Président Daniel Ortega et sa femme, la vice-présidente Rosario Murillo, à  Leon, au Nicaragua, le 28 juillet 2018.

Nicaragua : d'une révolution à l'autre ?

19 min

Depuis une centaine de jours, une vague de manifestations d'opposition au président Daniel Ortega agite le Nicaragua. Ces manifestations réclamant le départ du chef d'Etat sont violemment réprimées par la régime - plus de 400 morts sont recensés. Comment comprendre cette grave crise politique ?

Manifestations contre le Président Daniel Ortega et sa femme, la vice-présidente Rosario Murillo, à  Leon, au Nicaragua, le 28 juillet 2018.
Manifestations contre le Président Daniel Ortega et sa femme, la vice-présidente Rosario Murillo, à Leon, au Nicaragua, le 28 juillet 2018. Crédits : MARVIN RECINOS - AFP

Malgré les manifestations récurrentes à l'encontre du pouvoir de Daniel Ortega et de son épouse Rosario Murillo, vice-présidente depuis 2016, le dirigeant a rejeté l’idée d’élections anticipées et continue d'écarter toute éventualité de démission. 

Tandis que la crise s'aggrave, comment comprendre que ce chef de file de la révolution sandiniste de 1979, soit aujourd'hui l'objet d'accusations similaires à celles portées au régime autoritaire de Somoza en 1979 ? 

Analyse du régime d'Ortega et de l'histoire de la révolution Sandiniste avec Gilles Bataillon, directeur d'études à l'EHESS, spécialiste du Nicaragua, auteur de Enquête sur une guérilla, Nicaragua-Moskitia, 1982-2007 (édition du Félin, 2008), et réalisateur du film Nicaragua, une révolution confisquée (diffusé sur Arte en 2013). 

Gilles Bataillon : Les premières protestations contre Ortega ont commencé lors de sa réélection en 2011, des élections qui ont été frauduleuses car au Nicaragua on ne peut pas faire plus de 2 mandats ni se représenter pour 2 mandats consécutifs.

Début 2018 la vice-présidente et épouse de Daniel Ortega - Rosario Murillo - a voulu contrôler les réseaux sociaux, puis il y a eu un incendie mal géré dans une réserve, et la goutte d’eau qui a fait déborder le vase c’est une réforme de la sécurité sociale. Les gens sont sortis dans la rue et Daniel Ortega a envoyé la police et des groupes de chocs anti émeutes, ce qui a soudé des oppositions complètement hétéroclites contre le pouvoir.

La communauté internationale a une responsabilité écrasante dans l’instauration d’une dictature au Nicaragua. L'Organisation des Etats américains et l'Union européenne ont fermé les yeux au moment des réélections frauduleuses.

Intervenants
  • Sociologue, spécialiste de l’Amérique latine contemporaine, directeur d’études à EHESS

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