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Emmanuel Macron et le prince héritier Saoudien Mohammed Ben Salmane le 10 avril 2018 à Paris.

Vente d'armes : la France participe-t-elle à la guerre au Yémen ?

14 min

Selon un rapport du ministère des Armées paru le 5 juillet, la France a continué à vendre des armes en 2017 à l'Arabie Saoudite et à ses alliés engagés dans la guerre au Yémen depuis 2015. Plusieurs ONG et députés réclament l'ouverture d'une commission d'enquête autour de ces exportations.

Emmanuel Macron et le prince héritier Saoudien Mohammed Ben Salmane le 10 avril 2018 à Paris.
Emmanuel Macron et le prince héritier Saoudien Mohammed Ben Salmane le 10 avril 2018 à Paris. Crédits : Ludovic Marin - AFP

Tandis que, depuis 2015, le Yémen s'enlise dans un conflit ayant causé la mort de milliers de civils et provoqué une très grave crise humanitaire, la France a continué à vendre des armes à l’Arabie Saoudite et à ses alliés engagés dans cette guerre. Plusieurs ONG et députés réclament la création d’une commission d'enquête sur ces exportations de défense à la coalition saoudienne, des armes susceptibles d’avoir été utilisées contre les civils dans le cadre de ce conflit.

La France est désormais le troisième exportateur mondial d'armes, derrière les Etats-Unis et la Russie. Selon le rapport annuel du Ministère des armées dévoilé le 5 juillet, le Proche et le Moyen Orient ont représenté environ 60% des commandes d'armement français en 2017, soit 3,9 milliards d'euros sur un total de 6,9 milliards - 1,1 milliard pour le Koweït, 1,08 milliard pour le Qatar, 701 millions pour les Emirats arabes unis et 626 millions pour l'Arabie Saoudite. 

Tandis que plusieurs pays d'Europe ont choisi de restreindre voire de cesser définitivement leurs exportations vers les pays engagés dans le conflit au Yémen, comment expliquer que la France continue d'enregistrer des commandes ? Quels sont les outils de contrôle actuels concernant les ventes d'armes ? Comment renforcer davantage la transparence en matière d'exportations militaires ? 

Tony Fortin, chargé d'études à l'Observatoire des armements, est l'invité de Julie Gacon. 

Tony Fortin : On est face à une guerre qui vise à maximiser les souffrances envers le peuple yéménite et à étrangler les populations civiles. Cela nécessite une urgence politique dont la mesure n'a pas été prise. 

On milite pour qu'il y ait une commission parlementaire permanente qui puisse réaliser le rôle d'alerte en cas de contrats qui violent le droit humanitaire international.

La vente d'armes se fait pour des raisons économiques, le marché de l'armement étant un des rares secteurs excédentaires en termes d'exportation. Mais la vente d'armes est essentiellement politique.

Retrouvez ici la première partie de cet entretien. 

Chroniques

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Revue de presse internationale

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Intervenants
  • Chargé d'études à l'Observatoire des armements
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