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Vue de poissons morts à cause de la sécheresse le 17 mars 2005 sous le pont Saint-Nicolas d'Anduze enjambant le Gardon en Occitanie.

Climat : la faim d’un monde ?

34 min
À retrouver dans l'émission

Benoit Bouscarel reçoit Bruno Parmentier, économiste spécialiste de l’agriculture et des questions alimentaires et Matthieu Brun, chercheur spécialiste des questions agricoles au club DEMETER , pour parler de la sécurité alimentaire au défi du réchauffement climatique.

Vue de poissons morts à cause de la sécheresse le 17 mars 2005 sous le pont Saint-Nicolas d'Anduze enjambant le Gardon en Occitanie.
Vue de poissons morts à cause de la sécheresse le 17 mars 2005 sous le pont Saint-Nicolas d'Anduze enjambant le Gardon en Occitanie. Crédits : DOMINIQUE FAGET - AFP

Le climat change. C'est un fait avéré et constaté partout sur la planète, on estime que le réchauffement moyen mesuré depuis le début de l'ère industrielle est déjà de 1°C. Les ressources en eau se raréfient, les sécheresses sont de plus en plus fréquentes, en Inde, au Moyen-Orient, en Afrique du Sud ou ailleurs, de nombreuses crise,s pénuries d'eau ont régulièrement lieu, et au total plus d'un quart des humains sont en situation de stress hydrique très grave. D'ailleurs dans le classement des pays aux ressources en eaux problématiques, la France n'est pas particulièrement bien placée.

Le climat change et les sols se dégradent, c'est ce que vient souligner un rapport du GIEC (Groupe Intergouvernemental d'Experts sur le Climat) : cela a des conséquences sur l'agriculture et sur l'alimentation alors que la population mondiale augmente. 

Mais ce rapport du GIEC donne aussi les clés du changement et nous explique que l'agriculture pourrait aussi être la solution.

L’agriculture est triplement concernée par le réchauffement climatique. C’est le premier secteur victime […]. C’est aussi une des principales causes : l’agriculture représente le quart des émissions de gaz à effet de serre. Il faut réussir à produire malgré le réchauffement climatique, mais aussi sans réchauffer la planète. Mais c’est aussi un des seuls secteurs qui peut nous sortir de cette crise. Bruno Parmentier

La question de l’eau en Méditerranée se pose avec une certaine acuité, dans la mesure où le sud du bassin méditerranéen ne représente que 12% de l’eau douce, avec une population très importante. Un palier est atteint dans ces pays où la terre et l’eau manquent, et où l’on a besoin de commercer, d’échanger, pour sécuriser les approvisionnements alimentaires. Matthieu Brun

L’arbre, non seulement refroidit la planète, mais stabilise la terre et ça permet de manger derrière. C’est absolument fondamental. On a eu un mouvement de déforestation gigantesque sur la planète […] : c’est l’inverse, il faudrait replanter des dizaines de millions d’hectares en arbres ou en haies. Bruno Parmentier

C’est très compliqué d’inventer autre chose : ça fait 2 000 ans qu’on laboure et quand on nous dit qu’il faut arrêter, c’est un changement énorme ! […] Ce qu’il faut c’est réfléchir : on passe d’une agriculture « mal au dos » à une agriculture « prise de tête ». Il faut faire des mélanges de plantes qui soient intelligents, et ça ça marche très bien ! Les deux systèmes de production agricoles qui marchent le mieux n’ont jamais vu un agriculteur ni une charrue : c’est la prairie naturelle et la forêt tropicale. Bruno Parmentier

Un agriculteur aujourd’hui va faire 40-45 récoltes dans sa vie : le changement pour ce genre de professions ce n’est pas comme une usine qui va changer sa ligne de production. Il faut qu’elle soit accompagnée, soutenue pour le faire. Matthieu Brun

Derrière l’eau, il y a une question socio-politique, de géopolitique. Les tensions autour de l’eau dans des régions comme l’Inde ou la Méditerranée, où il y a de fortes inégalités dans l’accès aux ressources, génèrent des conflits. Matthieu Brun

Quand on regarde les chiffres, on voit qu’en Europe on mange 5 fois trop de viande par rapport à ce qui est normalement prescrit. Il faut réfléchir à nos menus et à nos régimes alimentaires, ça passe par le fait de manger moins de viande et surtout manger de la viande qui est issue d’élevages de qualité. Matthieu Brun

Plus les femmes auront de la responsabilité et de la formation, mieux on vivra, moins il y aura de mortalité infantile, mieux les terres seront cultivées et mieux les gens seront nourris. Bruno Parmentier

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Intervenants
  • économiste, consultant sur les questions d’agriculture et d’alimentation, ancien directeur de l’École supérieure d’agriculture d’Angers, auteur notamment de Faim zéro. En finir avec la faim dans le monde (La Découverte) et de Manger tous et bien (Seuil).
  • chercheur spécialiste des questions agricoles au club DEMETER
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