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Marine Le Pen, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon

Entre décompositions et recompositions, où va la vie politique française ?

31 min

Festival des idées à gauche, convention des Républicains (LR) sur les valeurs de la droite... Les courants politiques traditionnels cherchent un nouveau souffle. RN, LREM et LFI sont-ils les nouveaux pôles du champ partisan ? La confrontation LREM-RN est-elle vouée à l'hégémonie ?

Marine Le Pen, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon
Marine Le Pen, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon Crédits : Joel Saget, Eric Feferberg - AFP

En politique, l’été est la saison des universités et celles des idées. 

Les Républicains se sont réunis ce week-end en convention à Paris pour tenter de se redéfinir, après la déroute des européennes, et établir une Charte des valeurs. Laurent Wauquiez partant, le parti de droite se cherche un chef. Christian Jacob, Guillaume Larrivé et Julien Aubert, trois candidats se sont déclarés à ce jour pour prendre la présidence du parti. 

A gauche aussi, les rencontres se multiplient. Ce week-end, à La Charité-sur-Loire, à l’initiative du socialiste Christian Paul et du journaliste Guillaume Duval, ils ont tenté de « faire tomber les murs et d’inventer de nouveaux horizons ». 

Tandis que La République en Marche se met, elle, en ordre… de marche, de Paris à Lyon, en vue des municipales de 2020. 

Entre décompositions et recompositions, où va la vie politique française ? Où sont les partis ? 

Nous recevons ce matin Aurélie Filipetti, essayiste, ancienne ministre de la culture, auteure de Les Idéaux chez Fayard, à la rentrée dernière et Martial Foucault, directeur du CEVIPOF, co-auteur cette année de La banalité du populisme au Seuil et de La Cinquième république démystifiée aux Presses de Sciences-Po. 

L’ensemble des mouvements de mobilisation, que ce soit dans l’arène politique ou l’arène syndicale, ont beaucoup de difficultés à appréhender et à transformer une demande sociale en programme politique ou en offre politique. Martial Foucault

Le front national est avant tout le parti des classes malheureuses. Martial Foucault

La droite vient d’exploser aux élections européennes, tout simplement parce que le président Macron a siphonné son électorat en faisant la politique qu’au fond voulait cet électorat. Pour la gauche c’est différent, on vient de le voir avec Syriza en Grèce : au fond la gauche perd toute crédibilité quand, élues aux responsabilités, elle ne mène pas la politique pour laquelle les gens l'ont élue. On est dans un moment historique de creusement abyssal des inégalités (économiques, financières, de capital culturel…). C’est ça l’enjeu numéro un. Et si la gauche au pouvoir n’a pas comme priorité de réduire ces inégalités, les électeurs la désavouent aux élections suivantes. Aurélie Filipetti

Avec « En Marche », Emmanuel Macron a créé un mouvement, plutôt qu’un parti, autour de sa personne, mais au fond avec une politique et une idéologie derrière qui sont assez classiques et conservatrices. Il n’y a rien de nouveau là-dedans. Aurélie Filipetti

Ce qui est assez nouveau et qui dépasse les frontières de la France, c’est que cela correspond à une crise de la représentation politique beaucoup plus générale, qui est aussi valable en Europe et aux Etats-Unis. On est dans un moment où les modes de communication se concentrent tellement sur la violence du « clash » (Christian Salmon, L’ère du clash), qu’il faut avoir une communication extrêmement violente pour pouvoir passer la rampe, alors qu'un discours rationnel, argumenté, est très difficilement audible dans l’espace public de la communication politique. Aurélie Filipetti

On remarque la très grande difficulté d’animer un débat d’idées au sein des formations, parce que le nombre d’adhérents et de militants est en baisse, donc faire vivre le débat d’idées dans une formation politique pour se préparer aux prochaines échéances électorales est devenue chose très compliquée aujourd’hui en France. Martial Foucault

Il y a toujours eu un courant à droite, qu’on peut appeler gaulliste, qui cherchait un contact au sein de certaines classes populaires, et je crois que c’est ça aujourd’hui que la droite doit retrouver si elle veut reconquérir certains bastions perdus, qu’elle a abandonnés à l’extrême droite. (…) Du côté de la gauche, je pense de la même manière que l’enjeu fondamental c’est de retrouver l’électorat populaire sans lequel il ne peut pas y avoir de victoire de la gauche. Et comme les prochains mois ou années devront être ceux de l’écologie politique et de la manière dont l’écologie devient un moteur pour la gauche, la question va être de montrer comment on montre que l’écologie est fondamentalement incompatible avec le néolibéralisme triomphant, avec ce libre-échange qui détruit la planète. Aurélie Filipetti

JUSTICE SOCIALE ET CLIMATIQUE

Je pense que ce sont les deux faces de la même médaille : si nous sommes dans cette situation, c’est qu’il y a eu une prédation et une captation, par une toute petite minorité, des ressources naturelles de la planète, ce sont aussi les mêmes mécanismes de prédation et de captation qui ont creusé les inégalités et qui jettent des millions de personnes dans la pauvreté à l’échelle mondiale. Aurélie Filipetti

LE RETOUR DES MAIRES DANS LA VIE POLITIQUE

Les maires de France, entre résignation et incertitude (étude du CEVIPOV, publiée le 08/07/2019)

Il y a une forme de contradiction entre le fait qu’un maire sur deux souhaite abandonner et que plus de 80% des Français interrogés sont très satisfaits du bilan de l’action municipale. Martial Foucault

Emmanuel Macron a fait une erreur en méprisant l’échelon local et les collectivités territoriales depuis le début de son mandat. Aurélie Filipetti

Avec la création des intercommunalités, aujourd’hui les maires sont ceux à qui les électeurs s’adressent mais les maires eux-mêmes ont perdu beaucoup de compétences au profit des intercommunalités qui elles posent un vrai problème démocratique, car leurs responsables ne sont pas élus au suffrage universel direct. Aurélie Filipetti

C’est à l’échelle locale que s’invente beaucoup de choses dans les pratiques démocratiques par exemple, mais aussi dans les pratiques écologiques. (…) Il n’y aura pas de transformation de nos politiques écologiques si ça ne passe pas par l’échelon local. Aurélie Filipetti

Le duopole LREM/RN va-t-il s'installer aussi à l’échelon municipal lors de la prochaine élection ?

La difficulté de La République en Marche aujourd’hui c’est probablement de pouvoir s’installer sur l’ensemble du territoire. D’une manière assez symbolique la stratégie va consister à viser les grandes villes pour lesquelles ce mouvement n'a aucun élu. Martial Foucault

ARCHIVES 

  • Christian Jacob explique pourquoi il souhaite prendre la tête des Républicains (BFM Tv, 3 juillet 2019).
  • Première édition ce week-end à la Charité-sur-Loire (Nièvre) du festival des idées, organisé par l'ancien député socialiste Christian Paul. Un festival pour essayer de travailler à l'unité d'une gauche qui n'a jamais été aussi divisée. On entend Yannick Jadot qui souhaite construire le pôle écologique en France (France 3 Bourgogne, 6 juillet 2019).
Chroniques
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Journal de 8 h
Grèce : Kyriakos Mitsotakis, vainqueur des élections législatives, promet "de faire croître l'économie"
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5 min
Le Journal de la culture
Adeus, João
Intervenants
  • Femme politique, romancière, ancienne ministre de la Culture dans les gouvernements Ayrault puis Valls
  • Professeur de sciences politiques et directeur du Cevipof, le Centre de recherches politiques de Sciences Po
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