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Photographie du Président Charles de Gaulle en plein discours. 01/09/1957

50 ans après la démission du général de Gaulle : quel est son héritage ?

43 min
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Sept présidents et vingt premiers ministres plus tard, que reste-t-il de l’héritage gaulliste ?

Photographie du Président Charles de Gaulle en plein discours. 01/09/1957
Photographie du Président Charles de Gaulle en plein discours. 01/09/1957 Crédits : Loomis Dean - Getty

Ce dimanche 28 avril 2019 marquera le cinquantième anniversaire de la démission de la présidence de la République du général de Gaulle. Sept présidents et vingt premiers ministres plus tard, que reste-t-il de l’héritage gaulliste ? 

Pour en discuter aujourd’hui dans Les Matins de France Culture, Guillaume Erner reçoit Jean-Pierre Chevènement et l’historienne Frédérique Néau-Dufour.

Pouvoir et démocratie :

Aujourd’hui, il y a une campagne idéologique visant à discréditer la démocratie citoyenne, celle qui part du peuple souverain, dont chaque citoyen est une composante et qui fait du peuple, la source du droit. Jean-Pierre Chevènement.

Il y a une certaine correspondance entre la situation actuelle (avec la crise des gilets jaunes) et ce qui s’est passé dans la foulée de 1968. Parler de pagaille est un peu excessif… L’idée de la citoyenneté, l’idée de la République, l’idée de l’Etat, surtout, se sont perdues à ce moment-là. Il y avait ceux qui avaient oublié ce qu’était l’Etat et ceux qui voulaient le maintenir… Aujourd’hui, je sens qu’en France on a perdu ce souci de l’argumentation raisonnée. Jean-Pierre Chevènement.

Le sujet du référendum peut sembler véniel, banal, par rapport au reste de l’épopée et qu’il choisisse de démissionner là-dessus peut paraître surprenant. Peu importe en réalité le contenu du référendum… c’est un aveu criant de respect de la démocratie qu’il est en train de faire. Il y a une sorte de souhait de sa part de mener les Français vers une épreuve de vérité et d’avoir une preuve nette de ce lien particulier qui le lie au peuple. Frédérique Néau-Dufour

Héritage de De Gaulle : 

Je suis né plutôt à gauche dans une famille qui votait généralement socialiste… j’étais très impressionné par la figure de Mendès France dès l’âge de 15 ans. J’ai vu, en 1958, que De Gaulle avait la capacité d’éviter à la France, une guerre civile… je connaissais bien les œuvres du Général De Gaulle, j’avais lu ses Mémoires de guerre et beaucoup de ses écrits. J’ai senti qu’il y avait là, une capacité d’incarnation et de résolution des problèmes très difficiles qui se posaient à la France. Je n’ai pris aucune carte mais au fond de moi-même, je suis devenu gaulliste, dans les dernières années de la guerre d’Algérie. Et je faisais partie de ceux que l’on considérait comme gaullistes, loyalistes. Jean-Pierre Chevènement.

Les Gaullistes de gauche n’ont jamais été qu’un petit affluent dans la marée gaulliste. Jean-Pierre Chevènement.

Aucun pouvoir ne se passe de verticalité… Le général De Gaulle est venu au pouvoir - si je puis dire - en 1940, il n’y avait plus rien… Le premier réflexe que j’ai à l’égard du général De Gaulle est un réflexe de reconnaissance, de profonde reconnaissance, car dans notre histoire, il n’y a pas d’équivalent sauf peut-être Jeanne d’Arc… Les deux discours du 18 juin et du 22 juin 1940, méritent de figurer dans une anthologie de la mémoire nationale française… Jean-Pierre Chevènement.

De Gaulle (incarne) une ample vision mondiale, humaine, républicaine… De Gaulle se situe toujours du point de vue du bien commun. Il reste du général De Gaulle, cela qui est l’essentiel : le service de la France. Jean-Pierre Chevènement.

Ce qui caractérise le plus le général De Gaulle : sa constance, philosophique, la cohérence de son parcours et sa fidélité à un certain nombre de penseurs qui ont véritablement fondé sa vision de la France. Les auteurs qu’il lit dans la jeunesse : Maurice Barrès, Charles Péguy. Frédérique Néau-Dufour.

C’est un personnage qui habite sa statue et ce qu’il donne à voir au public c’est une statue : lui en tant qu’incarnant la France. Il était très compliqué de savoir qu’elle était la couleur de ses sentiments, de son humeur, de son tempérament. Frédérique Néau-Dufour.

Sans De Gaulle, la France abimée, précipitée au fond de l'abîme, ne se serait jamais relevée.

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