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Emmanuel Macron et son homologue égyptien, Abdel Fattah al-Sisi, lors d'une cérémonie officielle au Caire, le 28 janvier 2019

Alger, Le Caire, Rabat, Tunis : tensions politiques au sud de la Méditerranée

43 min
À retrouver dans l'émission

La visite officielle en Egypte d’Emmanuel Macron a donné lieu lundi à de vifs échanges avec le président Abdel Fattah Al-Sissi au sujet des droits de l’homme. Selon les ONG locales, 60 000 opposants et critiques du régime sont détenus dans les prisons égyptiennes.

Emmanuel Macron et son homologue égyptien, Abdel Fattah al-Sisi, lors d'une cérémonie officielle au Caire, le 28 janvier 2019
Emmanuel Macron et son homologue égyptien, Abdel Fattah al-Sisi, lors d'une cérémonie officielle au Caire, le 28 janvier 2019 Crédits : Ludovic MARIN / AFP - AFP

D’autres pays de la région sont le terrain de tensions politiques, notamment du fait de prochaines élections présidentielles comme c’est le cas en Algérie et en Tunisie. La politique d’austérité appliquée en Tunisie a également provoqué la colère de nombreux habitants qui multiplient les protestations, alors qu’au Maroc, les mobilisations pour dénoncer la cherté de la vie s’appliquent sous la forme de boycotts de grandes marques. 

Nous nous interrogeons aujourd’hui sur les tensions politiques au sud de la méditerranée en compagnie de Sophie Bessis, historienne, chercheuse associée à l’Iris, auteure notamment de Histoire de la Tunisie. De Carthage à nos jours qui paraîtra le 7 février aux éditions Tallandier. 

Elle est rejointe en deuxième partie d’émission par Marwane Ben Yahmed, directeur de la publication du magazine Jeune Afrique

Sophie Bessis : 

La révolution de Tahrir a laissé quelque chose. Les Egyptiens ont réappris à parler. Cette mémoire-là ressortira d'une manière ou d'une autre. 

La classe politique n'est pas à la hauteur des enjeux en Tunisie. L'ensemble du personnel politique  n'a aucune vision à long terme de l'avenir économique et social possible en Tunisie. 

Toute la question est de savoir si les islamistes tunisiens se sont "tunisifiés". Ca serait la raison pour laquelle on serait arrivés à un consensus sur la loi fondamentale en 2014. 

Il y a eu en Tunisie depuis 2014 une cohabitation entre le parti Ennahdha et le parti du président de la République. Depuis a rupture entre le président et le chef du gouvernement, le parti Ennahdha soutient le chef du gouvernement. 

La Tunisie a opté depuis 40 ans pour un tourisme bas de gamme, balnéaire, qui rapporte très peu d'argent. 

Ce qui va se passer en avril en Algérie n'a d'élection que le nom. On estime qu'en général il n'y a qu'un quart des Algériens qui vont voter. 

L'Algérie est le pays du Maghreb central où les valeurs conservatrices sont les plus importantes. C'est une société extrêmement conservatrice, mais il y a une jeunesse en demande d'autre chose. 

Les grandes heures du nationalisme arabe sont passées. Il en reste des vestiges. 

Marwane Ben Yahmed : 

Les Tunisiens, des trois pays du Maghreb central, sont ceux qui ont fait le choix le plus compliqué après 2011, qui est de tout reprendre à zéro, de faire une nouvelle constitution... 

Le principal problème aujourd'hui en Tunisie c'est la crise économique et sociale. 

La problématique principale c'est la vitalité des économies qui est trop faible pour amener des emplois et de la croissance. 

La contestation de la classe politique est assez partagée au Maghreb. 

En Algérie, le culte de la stabilité à tout prix confine aujourd'hui à l'immobilisme le plus total. On a une classe politique pas adaptée à la situation actuelle, et une absence totale de renouvellement des candidats à la présidentielle. 

Je pense que la génération qui a 20 ans aujourd'hui en Algérie a une soif d'ouverture. 

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Intervenants
  • historienne, spécialiste de l'Afrique subsaharienne et du Maghreb, ainsi que de la condition des femmes dans le monde arabe
  • directeur de la publication du magazine Jeune Afrique
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