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Joseph Stiglitz.

Capitalisme et colère des peuples : une autre économie est-elle possible ? Joseph Stiglitz est l'invité des Matins

1h05
À retrouver dans l'émission

Le prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz est l'invité des Matins de France Culture à l'occasion de son passage à Paris. Nous discuterons avec lui de son dernier ouvrage "Peuple, pouvoir & profits" où il livre un réquisitoire contre le capitalisme dérégulé et la montée des inégalités.

Joseph Stiglitz.
Joseph Stiglitz. Crédits : Colin McPherson - Getty

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"L’inégalité monte, monte, monte. […] Comment en sommes-nous arrivés là ? Où allons-nous ? Que pouvons-nous faire pour changer de cap ?". Ces questions, ce sont celles que pose le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz dans son dernier ouvrage « Peuple, pouvoir & profits » qui sort en France ce mercredi aux éditions Les Liens qui Libèrent. 

Le capitalisme actuel est-il en fin de course ? Doit-il être refondé ? Un autre système économique est-il possible ? Avec l’ancien conseiller économique de Bill Clinton et ancien économiste en chef de la Banque Mondiale, nous reviendrons sur son diagnostic de la situation économique, sociale et politique dans les démocraties occidentales et sur les solutions qu’il propose pour répondre à la colère des citoyens se sentant laissés-pour-compte.

À propos de son engagement dans les débats d’idées de la campagne présidentielle américaine à venir : 

Je pousse l’ordre du jour progressiste du capitalisme. La bonne nouvelle, c’est qu’il y a un soutien croissant pour la réforme de l’économie de marché. Joseph Stiglitz

Sur la politique de Donald Trump

Joseph Stiglitz porte un regard très critique sur la politique économique de Donald Trump : "Il continue dans la tradition de Reagan, mais c’est nettement pire. […] Il y a eu depuis Reagan une stagnation pour les 90% les moins riches et une croissance pour ceux au sommet. Et Trump a empiré la situation."

Les citoyens les plus pauvres seront les victimes de ces politiques, malgré la prétention du président américain de s'adresser aux classes populaires :  "Les gens qui vont en souffrir le plus sont ceux dont il dit vouloir s’occuper, mais en fait il se fiche d’eux. […] Il utilise un langage pour prétendre d’aider les pauvres, mais en réalité il aide les riches." Joseph Stiglitz

La gouvernance internationale

Sur le délitement des institutions de gouvernance internationale que Joseph Stiglitz a lui-même critiquées, le prix Nobel d'économie plaide contre un retour à l'unilatéralisme : “J’espère qu’on pourra renverser la vapeur. Les gens ne comprennent pas l’importance d’avoir une gouvernance mondiale, des règles du jeu. J’ai moi-même critiqué ces organisations, en disant que les règles n’étaient pas équitables pour les pays en développement. Mais on voit aujourd’hui qu’il vaut mieux des règles que pas de règles du tout.Joseph Stiglitz

Le changement climatique

Le changement climatique est l'une des conséquences de l'absence de régulation du capitalisme, il ne pourra être contenu que par le biais d'institutions internationales : 

"Le capitalisme sans freins ne fonctionne pas. Une des catastrophes qu’il provoque est le changement climatique. Les marchés s’en fichent des conséquences environnementales. C’est pour cela qu’on a besoin d’une intervention des gouvernements. Et on ne pourra s’en occuper qu’au niveau mondial." Joseph Stiglitz

Prospérité économique et lutte contre le changement climatique ne doivent pas être opposées : "Certains pensent que s’occuper d’écologie va être mauvais pour l’économie. Mais on va de toute façon payer pour le changement climatique. Si l’on choisit de prendre des actions préventives, on va créer des emplois, on va créer une économie qui sera beaucoup plus prospère." Joseph Stiglitz

La régulation du capitalisme

Joseph Stiglitz plaide pour un changement de type de capitalisme pour mettre l'économie au service du plus grand nombre : "Il faut mettre en place des taxations de la finance. [...] Je plaide pour une transition du capitalisme de l’actionnariat vers un capitalisme avec une responsabilité plus élargie : vis-à-vis des actionnaires mais aussi de la communauté, du client, … Ce serait l’occasion de prendre l’énergie du capitalisme pour que le résultat soit le bien-être de la société plutôt que le bien-être de quelques personnes."

À propos des politiques néolibérales mises en place dans les années 1980 :

"Nous avons 40 ans de recul sur ces expériences : ça n’a pas fonctionné. Cette expérience du néolibéralisme thatchérien et reaganien est un échec. Il faut faire l’expérience de nouveaux modèles économiques. On ne peut pas continuer dans cette direction." Joseph Stiglitz

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Bibliographie

Peuple, pouvoir & profits

Peuple, pouvoir & profits.Joseph StiglitzLes Liens qui Libèrent, 2019

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