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L'artiste plasticien Christian Boltanski posant devant une de ses œuvres en 2019 à Tokyo.

Christian Boltanski : l’art et la mémoire

42 min
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Christian Boltanski est l'invité des Matins à l'occasion de l'ouverture de l’exposition qui lui est consacrée au Centre Pompidou à Paris. Nous reviendrons avec lui sur cette déambulation à travers son oeuvre et à travers le temps, celui d'un art qui s'est sans cesse réinventé.

L'artiste plasticien Christian Boltanski posant devant une de ses œuvres en 2019 à Tokyo.
L'artiste plasticien Christian Boltanski posant devant une de ses œuvres en 2019 à Tokyo. Crédits : FRANCK ROBICHON - Maxppp

Jusqu’au 16 mars, les spectateurs pourront découvrir l’ampleur de son œuvre dans une exposition conçue par l’artiste lui-même comme une grande métaphore du cycle humain, de la naissance à la disparition. La fuite du temps, la fragilité de l'existence, la dualité de l’humanité et la frontière poreuse entre absence et présence sont autant de questions qui animent le peintre-sculpteur, et qu’il raconte dans des paraboles à travers des signes, des images et des sons. Dans cette nouvelle exposition, Christian Boltanski continue d’abolir la distance entre le visiteur et l’œuvre, et cherche à faire de ses créations, des miroirs dans lesquels les spectateurs pourront se reconnaître. 

Notre invité est Christian Boltanski, artiste plasticien, à l’occasion de l’exposition “Christian Boltanski. Faire son temps” au Centre Pompidou à Paris, du 13 novembre au 16 mars 2020.

"Ceux qui m’intéressent sont toujours des inconnus, des anonymes. Je pense que chacun de nous est totalement unique et extrêmement important et que tous les humains sont prodigieux, donc tous les humains méritent mon attention."

"La grande question que je me suis posée c’est l’importance de chacun et de sa fragilité. On se souvient de son grand père mais pas de son grand père : il y a le merveilleux de chacun, mais qui s’efface très rapidement. Chaque être humain mériterait d’avoir son musée après ses 60 ans."

"Mon activité depuis le début est forcément un ratage car j’ai essayé de lutter contre l’oubli et la disparition, évidemment c’est vain. Dès que vous essayez de protéger quelque chose vous le tuez."

"Mon trauma c’est sans doute qu’extrêmement jeune, j’ai entendu des récits de la Shoah par des survivants, des amis de mes parents. Mais je n’ai jamais représenté la Shoah dans mon travail car je veux qu’il soit quelque chose d’universel."

"La grande chose de l’art c’est qu’on ne peut parler que de soi, mais que chaque personne qui regarde votre œuvre pense qu’elle est faite pour elle. "

"J’ai marché seul dans la rue très tard. Nous avions une famille assez étrange, traumatisée par la guerre, et il y avait une peur étrange de se séparer. On dormait tous dans la même chambre de peur que quelque chose arrive dans la nuit. Nous vivions normalement, mais dans une inquiétude permanente."

"Je crois que l’art a cette chose de merveilleux qu’on peut utiliser ce qu’il y a de négatif en soi pour créer de l’art. Puis cela créé de la distance avec son malheur. L’art c’est la chose la plus individuelle et universelle à la fois."

"Jeune, ce qu’on peut dire de moi c’est que j’étais bizarre mais que j’avais une activité débordante. Malheureusement ou heureusement je ne suis plus fou, je suis guéri."

"Dans l’art depuis le début, il y a peu de sujets abordés: la recherche de Dieu, le sexe, la beauté de la nature. On parle avec le langage de son temps. La jalousie de Racine est la même qu’aujourd’hui, mais on ne la raconte plus en alexandrin. Moi j’utilise des outils de mon temps, comme la vidéo, je suis en fait un artiste classique."

Je dis toujours que l’art c’est donner des émotions et poser des questions."

"La boite de biscuit, c’est le coffre-fort du pauvre et c’est aussi l’urne funéraire. Ce qui m’intéresse c’est que l’empilement de ces boites, ça a l’air très solide, mais si un camion passe par là, tout s’effondre, ça montre la fragilité de la vie. "

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