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Photo de Mohamed ElBaradei prise à Vienne en Autriche le 25 janvier 2011.

Comment agir face au dérèglement du monde ?

30 min

Situation en Egypte, bouleversements géopolitiques… pour France Culture, Mohamed Elbaradei, prix Nobel de la Paix en 2005, dresse un état du monde d'aujourd'hui, en partie redessiné par la pandémie. La crise sanitaire peut-elle être une opportunité pour rendre ce monde plus juste ?

Photo de Mohamed ElBaradei prise à Vienne en Autriche le 25 janvier 2011.
Photo de Mohamed ElBaradei prise à Vienne en Autriche le 25 janvier 2011. Crédits : DIETER NAGL - AFP

Du vendredi 3 juillet 2020 au dimanche 5 juillet 2020,  se tiennent les Rencontres économiques d'Aix-en-Seine, organisées par le Cercle des économistes. Ces rencontres réunissent de nombreux intervenants qui, ensemble, débattront des dérèglements du monde contemporain. Comment affronter et dépasser ces dérèglements ? 

Guillaume Erner reçoit Mohamed Elbaradei, prix Nobel de la Paix en 2005, diplomate égyptien et ancien directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Mohamed Elbaradei intervient à la session inaugurale de ces Rencontres économiques pour répondre à la vaste question suivante : « Comment le cours de notre histoire a-t-il changé ? » 

Pour accéder au site des Rencontres Economiques d'Aix en Seine et le programme des trois jours de débats :

Les Rencontres Économiques Aix en Seine 

Un manque de coopération internationale en temps de crise écologique et sanitaire mondiale : 

Il n’y a pas de vision, de leadership. Nous avons des menaces globales comme le changement climatique, bien sur la Covid-19, le terrorisme. Et dans le même temps, il y a une discorde énorme entre les superpuissances. Les relations entre les Etats-Unis, la Chine et la Russie. Il y a une interruption totale du débat. Au moment où on a besoin d’une coopération internationale, cette coopération n’existe pas. 

Tout ce conflit entre les superpuissances, il se manifeste dans la violence et la guerre au Moyen-Orient : si vous regardez la Libye, la Syrie, le Yémen, il y a des guerres par personnes interposées. 

Je crois que c’est une situation exceptionnelle, même à l’époque soviétique il y avait des moments de paix. Il y avait des lignes rouges. Aujourd’hui le chaos est total, c’est une guerre de tous contre tous

Ce que nous voyons il y a des menaces globales comme le réchauffement climatique ou la course aux armements atomique et ce dont vous avons besoin c’est une coopération mondiale, et elle n’est pas là. 

Avec la Covid-19, c’est un virus horrible qui nous attaque de partout, les gens meurent l’économie s’effondre, et pourtant pendant deux mois le Conseil de sécurité des Nations Unies n’a pas été capable d’adopter des lignes directrices pour se coordonner et combattre le virus

Une grande partie de la responsabilité de ce manque de leadership va à l’administration américaine, et leur approche unilatérale. Ils sont en désaccord avec leurs alliés les plus proches en Europe.  Même si tout le monde a une petite portion de responsabilité dans la propagation de ce virus. 

L’Egypte et les pays en voie de développement face à la Covid-19 :

Le virus en Egypte comme dans beaucoup de pays africains, et pays en voie de développement, est en hausse. C’est effrayant parce que la plupart des pays en voie de développement n’ont pas de système de santé pour lutter contre ce type de virus. Les habitations surpeuplées empêchent la distanciation sociale. 

En Egypte, 40% de la main d’œuvre travaille dans le secteur informel, ils ne peuvent pas se permettre de rester à la maison : qu’est-ce qu’il vaut mieux, mourir du virus ou mourir de faim ?

La répression politique en Egypte en temps de pandémie : 

Il y a beaucoup de personnes qui sont détenues en raison de leur position politique, il y a beaucoup de jeunes que je connais, des avocats, des médecins, des ingénieurs, qui ont été détenus car ils ont des vues divergentes du gouvernement. 

Il faut un état de droit, j’aimerais voir plus d’inclusion sociale, il y a beaucoup de polarisation dans le pays, il faut un nouveau contrat social. Il faut mettre en place une Constitution qui respecte la voix de chacun. Mon inquiétude, c’est une inquiétude de bonne gouvernance. 

Le projet d’annexion de la Cisjordanie par Israël : 

On était d’accord depuis un demi-siècle qu’on ne pouvait pas acquérir de territoire par la force. Or aujourd’hui les israéliens transforment les palestiniens au sein des territoires avec un système d’apartheid. Ma crainte c’est qu’il y a ait un sentiment croissant d’humiliation des palestiniens, et c’est une bombe à retardement. 

Humiliation et terrorisme au Moyen-Orient : 

Il y a à travers tout le Moyen-Orient un sentiment d’humiliation, lié à la vague de répression sur ce territoire, et il se transforme en toute sorte d’extrémisme. 

Vous ne pouvez pas continuer à réprimer les gens au Moyen Orient pour ce qu’ils disent. Je ne pense pas que la lutte contre le terrorisme passe uniquement par l’usage de la force : il faut créer un environnement dans lequel les gens puissent apercevoir un avenir. On ne naît pas terroriste. Pourquoi est-ce qu’on a des traders ultra-riches d’un côté et des kamikazes de l’autre ? 

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Intervenants
  • prix Nobel de la Paix en 2005, diplomate égyptien et ancien directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA)

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