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Complotisme, harcèlement… : faut-il quitter les réseaux sociaux ?

44 min
À retrouver dans l'émission

A l'heure où éclate l'affaire de la "Ligue du LOL" et où les cas de cyber-harcèlement se multiplient, est-il encore possible d'avoir un usage raisonné des réseaux sociaux ?

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Utilisateurs de smartphones Crédits : Libre de droits - Getty

Depuis hier, près d’une dizaine de journalistes français en vue ont été écartés ou renvoyés de leurs postes. Le motif ? Avoir passé une décennie sur Twitter à insulter en toute impunité des femmes qui avaient eu le malheur apparaître sur leurs radars. Entre les témoignages poignants sur le cyberharcèlement dont ces femmes ont été victimes de la part des membres de cette « La Ligue du LOL » et les résultats de l’enquête de la Fondation Jean Jaurès et de Conspiracy Watch qui indiquent une nette progression du complotisme dans l’opinion publique française par l’entremise des plateformes en ligne, chacun comprend bien qu’il y a quelque chose de pourri au royaume des réseaux sociaux. Sexisme, homophobie, harcèlement, violence verbale, phénomènes de meutes, complotisme, paranoïa, extrémisme : peut-on encore apaiser le débat en ligne ou bien la logique des plateformes internet rend-elle ces dérives inéluctables ? 

Nos invités sont, en première partie : 

Rudy Reichstadt, directeur de Conspiracy Watch, membre de l’Observatoire des radicalités politiques de la Fondation Jean Jaurès, auteur de la note Enquête Complotisme 2019 : les grands enseignements pour la Fondation Jean Jaurès. 

En deuxième partie :

Romain Badouard, maître de conférences en sciences de l’information à l’Institut français de presse (Université Paris II). 

Et Florence Porcel, vulgarisatrice scientifique. 

Violence sur les réseaux sociaux :

Ces phénomènes de cyber harcèlement sont aussi utilisés comme des outils politiques. Conséquence : le débat public sur les réseaux sociaux s’assèche. Romain Badouard.

Le modèle économique des réseaux sociaux : pour faire en sorte que les internautes restent le plus longtemps possible, on met en avant des contenus plus radicaux. Romain Badouard.

On s’aperçoit que, lorsque l’on débat sur les réseaux sociaux, on développe une plus grande tolérance à l’agressivité… L’anonymat explique en partie cette violence expressive mais pas que… la levée de l’anonymat est une mauvaise idée car elle va sans doute faire plus de mal que de bien pour le débat public. Romain Badouard.

Faut-il quitter les réseaux sociaux ?

Plusieurs journalistes ont parlé du fait de quitter les réseaux sociaux. Mais, le fait que journalistes et/ou militants préfèrent se retirer des réseaux sociaux, c’est problématique car l’intérêt c’est d’ouvrir le débat public, en permettant à des citoyens qui n’y avaient pas accès, d’y avoir accès. Romain Badouard.

Twitter, les réseaux sociaux, facebook sont des outils : on peut les utiliser d’une bonne ou d’une mauvaise manière. Je tiens à rester sur twitter notamment parce que je vois les théories du complot qui se développent (par exemple, de plus en plus de personnes croire que la terre est plate). Et si on n’est pas présent ou actif, on va se faire happer par des complotistes en tout genre. Florence Porcel.

Le débat sur les réseaux sociaux :

L’émergence des réseaux sociaux n’a pas tué les médias traditionnels... Il y a une articulation entre réseaux sociaux et médias traditionnels. Pour Metoo, les médias traditionnels ont servi de caisse de résonance et sans les témoignages sur les réseaux sociaux, le mouvement n’aurait pu exister. Romain Badouard.

Internet fonctionne comme un marché de l’information dérégulé et nous sommes condamnés à jouer les règles de ce jeu-là. Sur twitter, lorsque l’on veut être subtil, on l’est. En réalité, ça dépend des utilisateurs... Je ne suis pas sûr que l’outil définisse complètement le contenu... On observe des phénomènes de dilution des responsabilités. Rudy Reichstadt.

Il faut investir ces plateformes pour faire barrage aux haineux… il est possible de se battre sans les armes de l’agresseur. Certains essaient de promouvoir un dialogue constructif et essaient d’avoir une discussion éclair avec des gens qui ne pensent pas comme eux. Rudy Reichstadt.

Lorsque, on s’informe d’abord sur internet, sur les réseaux sociaux, prioritairement, on est plus perméables aux théories complotistes… C’est le cas des moins de 35 ans et on s’aperçoit qu’ils sont plus perméables que la moyenne, que leurs aînés, les seniors, par exemple… Par simple remplacement générationnel, si on continue sur cette tendance, il n’y a pas de raison que l’on vive dans une société moins complotiste qu’elle ne l’est aujourd’hui, ce qui est un vrai point de préoccupation pour l’avenir. Rudy Reichstadt.

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Intervenants
  • Politologue. Directeur de Conspiracy Watch
  • Maître de conférences et chercheur en sciences de l’information et de la communication à l’université Paris II Panthéon-Assas
  • YouTubeuse - La Galaxie de Florence Porcel
L'équipe
Production
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