LE DIRECT
Le coronavirus, un virus mondialisé ?

Coronavirus : ce que l’épidémie dit de nous

40 min
À retrouver dans l'émission

80, c’est le nombre de pays touchés par le Coronavirus. Et les mesures prises pour freiner la propagation ne semblent pas enrayer la panique. Est-ce que les réponses politiques sont à la hauteur des attentes ? Comment le virus et la peur qu’elle suscite impacte la mondialisation ?

Le coronavirus, un virus mondialisé ?
Le coronavirus, un virus mondialisé ? Crédits : sesame - Getty

L’épidémie de Coronavirus continue de gagner du terrain. Alors que deux nouveaux décès ont été recensés en France hier, l’inquiétude s’intensifie. Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement, a déclaré qu’il était peu probable que la France échappe au stade 3, stade maximum du plan de lutte contre l’épidémie. Devant un tel constat, la communication et les mesures adoptées par le gouvernement sont-elles la hauteur pour ralentir le sentiment de panique qui s’installe ? Que dit la gestion de l’épidémie de la mondialisation ? 

Nous recevons Erik Orsenna, membre de l’Académie Française au siège de Pasteur, ambassadeur de l’Institut Pasteur et du réseau international, écrivain, économiste depuis 15 ans sur la mondialisation, auteur notamment de « Géopolitique du moustique : petit précis de mondialisation 4 », ed. Fayard et Jean-François Chambon, médecin clinicien spécialiste de l’infection par le VIH/Sida et directeur de la communication à l’Institut Pasteur sont nos invités pour discuter de ces sujets. 

Le long processus de la fabrication d'un vaccin 

"La fabrication d'un vaccin est tout un processus. Il y a effectivement des maladies, notamment infectieuses, pour lesquelles on dispose de vaccins très efficaces. Et puis, il y en a d'autres, comme le sida, ou cela fait quarante ans qu'on cherche un vaccin sur le sida." Jean-François Chambon

"Pour le coronavirus, des équipes ont déjà commencé à travailler dans plusieurs laboratoires dans le monde. On utilise les technologies vaccinales qui ont été considérablement développées depuis 40 ans et vous allez avoir un certain nombre de candidats vaccins. Je dis bien ce n'est pas la même chose. Les candidats vaccins pourront être testés à partir de l'automne, probablement en première administration chez l'homme." Jean-François Chambon

Ce qui me frappe, c'est qu'on attend le vaccin. Tout le monde attend le vaccin. Et quand on a un vaccin dont l'efficacité est prouvée, on se met à tacler le vaccin, alors qu'aucun autre mécanisme, aucun médicament, jamais n'a été aussi efficace que les vaccins. Donc, c'est ça qui est très intéressant dans cette crise, c'est qu'on remet en cause des tas de mécanismes. Erik Orsenna

L'épidémie et sa présence dans l’imaginaire 

"L'épidémie, c'est l'allégorie et la grande comparaison de nos fragilités de société, c'est la crainte, et la menace. Le romancier essaie de raconter leurs histoires comme une sorte de comparaison de la vie. C'est l'humain face à plus fort que lui. On est en plein dans cette fragilité extrêmement touchante de la condition humaine." Erik Orsenna

" Tout ce qui nous relie, nous donne de la force et nous donne de la fragilité, c'est ça la condition humaine. Plus vous êtes forts, plus vous êtes fragiles. [...] Le romancier, au lieu d'avoir des idées générales peut prendre un exemple. Ce qu'a fait Camus quand il travaillait sur la peste raconte une histoire particulière, humaine, avec ce paradoxe formidable de la fiction. Plus vous racontez une histoire singulière, plus vous touchez le monde. Si vous voulez toucher tout le monde, vous ne touchez personne. C'est cela l'utilité de ce qu'on peut appeler le roman." Erik Orsenna

L'inquiétude est-elle légitime ? 

Je ne veux pas dire qu'on en fait trop, mais il est difficile dans les épidémies, notamment quand elles sont à des phases précoces d'apparition, de s'en faire une bonne représentation. La communication qui est faite, y compris les prises de parole de certains scientifiques, entraînent aujourd'hui tout le gradient de représentation entre la banalisation qui pourrait toucher au déni et l'hyper angoisse. Jean-François Chambon

" On va se rendre compte qu'on est confronté à quelque chose de sérieux et préoccupant, mais qui n'est pas non plus évidemment dramatique et dont les conséquences sont tout à fait maîtrisables. [...] On sait aujourd'hui que certainement beaucoup de personnes vont être contaminées et on sait aussi qu'une très grande majorité de ces personnes vont en guérir. Ce qui est quand même rassurant. Jean-François Chambon

Vous pouvez (ré)écouter l'interview en intégralité en cliquant sur le player en haut à gauche de cette page.

Chroniques

8H00
16 min

Journal de 8 h

Syrie : un accord de cessez-le-feu signé entre la Russie et la Turquie
8H15
4 min

Le Billet politique

Plongée dans la France découragée
Intervenants
L'équipe
Production
Production déléguée
Réalisation
Avec la collaboration de

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......