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Une femme passe devant la tente d'un sans-abri installée sur le trottoir à Paris

Economie : comment aborder la conjoncture sociale après l’épidémie ?

39 min
À retrouver dans l'émission

Alors que les chiffres de l’épidémie s’avèrent tous les jours plus rassurants, les enjeux économiques restent une question épineuse.

Une femme passe devant la tente d'un sans-abri installée sur le trottoir à Paris
Une femme passe devant la tente d'un sans-abri installée sur le trottoir à Paris Crédits : Philippe LOPEZ - AFP

Alors que la France attaque la phase 2 du déconfinement, renouant avec de nouvelles libertés, la conjoncture économique reste une question épineuse. Fortement ébranlé par la crise sanitaire, Renault a dévoilé un vaste plan d'économies. Bruno Le Maire reçoit aujourd’hui les représentants syndicaux du site de Maubeuge et Jean-Dominique Senard, le PDG du Groupe Renault. Par ailleurs, le personnel hospitalier dans le cadre d’une opération intitulée "Les mardis de la colère", réclame des moyens. 

Quel rôle pour l’État dans l’économie d’après épidémie ? Comment aborder la nouvelle conjoncture sociale ? Faut-il y voir une opportunité pour les entreprises ? 

Pour en parler, nous recevons : 

Elie Cohen, économiste au CNRS, auteur de “Le décrochage industriel” (Fayard, 2014) 

Il sera rejoint par Emmanuelle Barbara, associé senior au cabinet August-Debouzy, avocate spécialiste en droit du travail, de la sécurité sociale et de la protection sociale

La France touchée par une crise de ces « industries symboliques »

"Le secteur de l'aéronautique est mis en panne à cause du ralentissement et de l’arrêt du trafic aérien. Et ce ralentissement a entraîné de nombreuses annulations de commande. Et si ce phénomène prend de l’ampleur cela pourrait entraîner la mise en panne d’un système se traduisant par la perte d’emploi et la dévalorisation d’une des industries les plus symboliques de l’économie française."

Dans le domaine de l’aéronautique et de l’automobile, nous vivons une double crise. Il y a dans un premier temps une crise structurelle. Nous assistons à la fin du modèle de moteur thermique pour le passage au modèle électrique. Et cette crise structurelle vient s’ajouter à la crise conjoncturelle. Et cela engendre des stocks de véhicules qui ne trouvent pas preneurs, des ralentissements massifs des ventes et des cessations d’activités de certains fournisseurs.Elie Cohen

" Pour le milieu du luxe, nous dépendons énormément des exportations et du tourisme. Là, c’est la demande extérieure, absolument motrice qui est très touchée. Ces activités cruciales pour le développement économique de la France prennent un coup sévère actuellement."

L’échec de la délocalisation de l’industrie pharmaceutique

" Dans le secteur de la santé, nous avons fait le constat dramatique de notre incroyable dépendance à des fournitures en provenance de Chine et d’Inde. Et cette dépendance a entrainé une incapacité à concevoir des stocks. Est-ce qu’on peut continuer à admettre cette dépendance extrême ou est-ce le moment de penser à la relocalisation ? D’autre part, l’idée de la résilience industrielle est elle aussi indispensable pour le futur."

L’industrie pharmaceutique a longtemps été un domaine d’excellence française. Et c'est probablement une erreur stratégique qui a été faite de rompre avec cette excellence. Elie Cohen

Repenser le droit du travail pour modeler le travail de demain

Depuis le déconfinement, de nouveaux codes sociaux coordonnent nos interactions professionnelles. Mais pour les entreprises, on est encore dans une situation où le télétravail est privilégié. De la même manière que l’État est soucieux de ne pas atténuer les pressions, il ne faut pas oublier qu’au niveau de l’entreprise les mesures de pression sanitaire sont encore fortes. Donc l’envie de reprendre le travail dans un élan de convivialité n’est pas encore pour aujourd’hui. Emmanuelle Barbara

" Les mesures prises par les entreprises sont directement conditionnées par le virus et pour le moment on est encore dans l’incertitude. Nous sommes entrés dans une autre ère dans laquelle nous ne connaissons pas encore les codes."

Pour que les lois ne soient pas inutiles, elles doivent s’appuyer sur l’envie de coopération entre salariés et employeurs. Il y a un besoin de se sentir utile. Et la technologie accélère cette volonté. Comme nous rentrons ans une ère technologique et rapide, le meilleur moyen de rester stable est de renouveler ses compétences et de former pour que chacun puisse travailler à la vitesse à laquelle le monde évolue. On a tout un champ du possible à évaluer qui demande de sortir du corset habituel dans lequel nous sommes encore. La représentation du travail passant par la représentation du temps et du lieu a volé en éclat. Emmanuelle Barbara

Vous pouvez (ré)écouter l'interview en intégralité en cliquant sur le player en haut à gauche de cette page.

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Bibliographie

Intervenants
  • Economiste, directeur de recherche au CNRS
  • dirige le département droit social du cabinet d’avocats d’affaires August & Debouzy, membre du Comité Directeur de l’Institut Montaigne, membre du Club des Juristes
L'équipe
Production
Production déléguée
Réalisation
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