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Bas-relief représentant la prise de la Bastille, sur la place de la République

Gauche, droite : d’où viendra la prochaine révolution ?

43 min
À retrouver dans l'émission

Marcel Gauchet est l'invité de Guillaume Erner.

Bas-relief représentant la prise de la Bastille, sur la place de la République
Bas-relief représentant la prise de la Bastille, sur la place de la République Crédits : Jacques LOIC - Getty

Américaine, française, populaire, ouvrière, internationale, conservatrice, nationale, libérale, numérique : la révolution s’accole et s’adapte facilement au projet politique du moment et aux lubies de son époque. Revendiqué en dernier lieu par Emmanuel Macron au lancement de sa campagne « ni droite ni gauche » de 2017, le label révolutionnaire devrait ainsi bientôt être récupéré à la fois par ses opposants de droite et par ceux de gauche. Révolution, qui sera le dernier à avoir le mot ? 

Pour en discuter aujourd’hui dans Les Matins de France Culture, Guillaume Erner reçoit Marcel Gauchet. 

La maîtrise de Robespierre tout au long de ses années politiques n’a rien à voir avec le comportement de Mélenchon. 

Ce qui est sacré dans un représentant c’est sa fonction, s’il met sa personne au-dessus de sa fonction il désacralise cette fonction. 

Le souci d’un pouvoir c’est la continuité de son action. Celui de ses médias c’est de créer de l’événement. Il y a une discordance qui est un problème pour la démocratie étant donné le rôle de l’information dans la vie publique. 

La liberté d’information est un élément clé du système représentatif et démocratique qui n’a jamais été vraiment pensé. 

La révolution macronienne est tout sauf une révolution. Le fait qu’un homme politique mainstream comme Macron, dont le degré de rupture avec l’ordre établi ne saute pas aux yeux, utilise un tel terme prouve que le terme n’est plus qu’un mot, un outil marketing. 

Le robespierrisme de stricte observance est devenu une espèce presque à conserver au titre de la biodiversité. 

Avec la révolution nous avons pour référence source une division et non pas un consensus, c’est notre spécificité nationale.

L’ambition universaliste française demeure, et à mes yeux c’est une vertu. Il y a la volonté de faire de la vie politique un laboratoire dont d’autres pourraient s’inspirer.

Nous sommes toujours dans une matrice Robespierriste. Quel que soit le regard qu'on porte sur le basculement terroriste de la révolution il répondait à une ambition qui garde sa pertinence.

Robespierre a connu une mutation radicale durant le processus révolutionnaire. C’est un homme prudent au début, disposé à accepter un monarque aux pouvoirs réduits, un monarchiste constitutionnel. C’est quand la figure du roi disparaît que le problème commence. 

J’ai toujours cru que l’ère de l’imaginaire révolutionnaire était révolue. Mais au-delà nous revenons au point de départ : la question posée par la révolution française reste entièrement ouverte. 

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