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Les libertés, une façon de critiquer la Chine ?

La défense des libertés est-elle l'ultime argument contre l'expansion chinoise ?

31 min
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Ouïghours, Hong-Kong, Huaweï... Les tensions se multiplient entre la Chine et de nombreux pays sur ces sujets. Alors que la guerre commerciale sert de toile de fond aux enjeux internationaux, l'argument des libertés est avancé pour justifier sanctions et remontrances diplomatiques. À juste titre ?

Les libertés, une façon de critiquer la Chine ?
Les libertés, une façon de critiquer la Chine ? Crédits : GREG BAKER - AFP

Une vidéo de prisonniers filmée au Xinjiang, déjà mise en ligne l'an dernier, est revenue susciter l'indignation sur la condition des Ouïghours ces derniers jours. Il y a aussi Adrian Zen, ce chercheur allemand qui, fin juin, a publié un rapport sur la stérilisation forcée des femmes ouighours et le mot génocide désormais prononcé. Il y a aussi encore le communiqué de 190 organisations de défense des droits de l'homme, qui affirme que la quasi totalité de l'industrie du prêt à porter mondiale profite du travail forcé des Ouïghours et qui appelle les marques de vêtements à prendre leurs responsabilités. Le monde ne découvre pas, mais s'indigne peut être davantage cette fois. Une partie du monde, en tout cas, qui s'indigne aussi de ce que Pékin fait à la démocratie à Hong Kong et aux libertés de manière générale, y compris quand cela passe par des outils technologiques dans la voie de l'administration Trump, cela donne le monde libre qui doit triompher de la nouvelle tyrannie incarnée par la Chine. Mais nous n'oublions pas la guerre commerciale ni l'élection présidentielle de novembre aux Etats-Unis. La défense des libertés est elle l'ultime argument contre l'expansion chinoise?

Sur la qualification de "Guerre Froide" face à cette escalade, Antoine Bondaz explique : 

Ce n'est pas une guerre froide au sens de la guerre froide entre les Etats-Unis et l'Union soviétique. Mais il y a très clairement une hausse sans précédent des tensions depuis plusieurs décennies entre la Chine et les Etats-Unis. Il y a eu hier prononcé à la librairie Nixon un discours extrêmement offensif de Mike Pompeo, qui reprenait d'ailleurs un article publié en 1967 dans Foreign Affairs par le président Nixon, qui appelait je cite "Le monde ne sera pas en sécurité tant que la Chine ne changera pas". Il faut forcer la Chine à changer. Mike Pompeo a annoncé qu'après des décennies d'attente vis à vis de la Chine, sûrement une certaine façon, un narcissisme stratégique comme certains membres de l'administration le disent en privé. L'idée que les Etats-Unis et ses partenaires et ses alliés réussiraient à faire changer la Chine. La Chine n'a pas changé. Il y a eu un tournant autoritaire depuis l'arrivée au pouvoir de Xi Jinping et les Etats-Unis désormais. Alors évidemment, il y a aussi un aspect conjoncturel qui est cette élection présidentielle. Mais plus largement, il y a un réveil aux Etats-Unis. Une prise de conscience que la Chine n'a pas changé sur de nombreuses questions, qu'il y a eu ce fameux tournant autoritaire et qu'il est temps pour les Etats-Unis d'adopter une politique plus musclée, plus dure et peut être encore plus coordonnée avec leurs alliés et leurs partenaires, unis sur cette expression nouvelle guerre froide, d'ambiance guerre froide.  

De son côté, Emilie Frenkiel considère que la question se joue aussi au niveau des opinions : 

Pompeo s'adresse à la population américaine. La riposte chinoise s'adresse avant tout à la population chinoise. Donc, rappelons les chiffres : 1 milliard 4 de Chinois. Donc, un parti qui s'adresse à sa population, à un parti qui lui même comprend 90 millions de membres. Et bien sûr, il y a énormément de diversité à la fois au sein du parti et au sein de cette population. Mais il y a une attente également de puissance, de réponses fortes, de réponses pertinentes face à ce qui est perçu comme une agression de plus en plus, un discours xénophobe vis à vis des Chinois.  

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Intervenants
  • chercheur à la Fondation pour la Recherche Stratégique, enseignant à Sciences-Po
  • Maîtresse de conférences en science politique à l’Université Paris Est Créteil. Chercheuse et directrice adjointe au (LIPHA). Co-rédactrice en chef de La Vie des Idées.

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