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Mains ouvertes d'un fermier

La pauvreté est-elle une fatalité ?

44 min
À retrouver dans l'émission

Emmanuel Macron présentera aujourd’hui son très attendu plan de lutte contre la pauvreté.

Mains ouvertes d'un fermier
Mains ouvertes d'un fermier Crédits : Francesco Carta fotografo - Getty

Le plan, qui ambitionne d’aider les 8.8 millions de français pauvres à sortir d’un cycle de précarité qui se transmet au sein des familles d’une génération à l’autre, devrait être accompagné d’un budget avoisinant les 4 milliards d’euros. Axé sur la prévention de la pauvreté au niveau de la petite-enfance et sur l’accompagnement vers l’emploi des jeunes adultes, le plan gouvernemental s’attaque à deux racines bien identifiées de la pauvreté française, mais risque de laisser de côté un aspect pourtant fondamental pour l’avenir de nos politiques sociales: comment adapter nos aides sociales, fortement corrélées au travail, dans une économie numérique et robotisée qui risque de fournir de moins en moins d’emplois ?

Il y a presque 9 millions de français qui vivent avec moins de 1000 euros par mois. Cela concerne surtout les gens seuls, les familles monoparentales. 

Nous sommes dans la moyenne européenne, ce qui n’est pas réjouissant pour autant. Certains pays, toujours les mêmes, font mieux: la Finlande, le Danemark… 

Notre dispositif social est armé pour lutter contre la très grande pauvreté, mais pas plus. 

Le chiffre le plus choquant c’est qu’un tiers des bénéficiaires potentiels ne bénéficient pas de leurs droits sociaux. L’urgence est de faire chuter ce taux de non recours, ce qui demande une remise à plat de la manière dont sont suivies les personnes en difficulté. L’auto-déclaration sur smartphone ne suffira pas. 

Il est exagéré de dire que la lutte contre la pauvreté est un échec. Les études montrent que sans nos dispositifs sociaux la situation serait bien pire : elles réduisent le taux de pauvreté de près de 10 points. Nous aurions 20% de la population française en situation de détresse. 

Au XIXe siècle on pensait que les dispositifs d’aide aux pauvres allaient les dissuader de travailler. Quand Rocard a lancé le RMI on a entendu la même chose. Cela ne veut pas dire qu’il y a zéro risque, mais cela vaut largement le coup d’essayer. 

Le RSA seul coûte 11 milliards, je ne sais pas si c’est du pognon de dingue au regard des chiffres de la politique fiscale, et 30% de ceux qui y ont droit ne le demandent pas. 

Plus d’un tiers des familles monoparentales vivent dans la très grande pauvreté. 25% des 18-25 ans sont dans une situation de pauvreté. La toute petite enfance doit être considérée car c’est là que se jouent les destins, mais il ne faut pas oublier les autres populations concernées

Il faut que l’Etat innove dans ses politiques sociales et se donne les moyens d’en évaluer les résultats. 

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Intervenants
  • Économiste et directeur du département d'économie de l'École Normale Supérieure, Président de l'Ecole d'Economie de Paris
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