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Olivier Faure dans la cour de Solférino

Le Parti socialiste va t-il devenir un groupuscule ?

43 min
À retrouver dans l'émission

Des lignes de fractures idéologiques ont mené le Parti socialiste dans l’impasse, impasse encore accentuée par le départ d’Emmanuel Maurel et de Marie-Noëlle Lienemann vendredi dernier.

Olivier Faure dans la cour de Solférino
Olivier Faure dans la cour de Solférino Crédits : JOEL SAGET - AFP

Vendredi dernier, le PS quittait définitivement son siège historique de la rue de Solférino, pour s’installer à Ivry-sur-Seine, afin de renouer avec ses bases populaires. Mais cet événement symbolique est aussi représentatif d’une perte de pouvoir de la social-démocratie en France. 

Cet affaissement progressif remonte au séisme de 2002, avec la qualification de Jean-Marie Lepen et l’élimination de Lionel Jospin dès le premier tour. Depuis, aucune analyse en profondeur de cet échec n’a été faite : manque de clarté idéologique, pratique du pouvoir en décalage avec ses discours, la gauche de gouvernement sous Hollande ne rêve plus de « Changer la vie ». 

Et c’est face à une identité de gauche éclatée que le PS tente difficilement de se reconstruire aujourd’hui.

Nous recevons Dominique Méda, directrice du laboratoire de sciences sociales de l’université Paris Dauphine, professeure de sociologie, co-auteure de Une autre voie est possible (Flammarion). 

Nous sommes rejoints en deuxième partie d’émission par Raphaël Glucksmann, essayiste, qui publie Les Enfants du vide (Allary Editions). 

Dominique Méda : 

Moi je pense que le clivage droite gauche est extrêmement important. Sinon on n'a plus que l'extrême-droite comme parti d'opposition. 

Ce sont des socialistes français qui ont poussé l'idée de libéralisation des capitaux en pensant qu'on pouvait maîtriser la mondialisation, et en fait on ne l'a pas maîtrisée du tout. 

La priorité c'est les 5 millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté, de remettre les hôpitaux en marche... Les problèmes identitaires sont importants mais il faudrait s'en occuper après : une fois qu'on s'est occupé des autres problèmes. 

Tout le défi est de conjuguer la résolution de la question écologique et la résolution de la question sociale. 

Raphaël Glucksman : 

Les minorités actives sont, à l'échelle de l'occident, largement celles de l'extrême-droite. C'est de l'autre côté que l'idéologie n'est qu'en gestation. Il y a une situation extrêmement dangereuse. Se contenter d'indignations morales ne suffira pas. 

Nous sommes tous les enfants du vide, et tous condamnés à redonner du sens à notre engagement politique. 

Il faut produire un récit commun. Il faut parler de l'horizon collectif, des idées, avant de parler des structures. 

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