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"La honte!" Manifestation devant l'Hotel de ville le 23 juillet 2020

Le pouvoir est-il perméable aux évolutions de la société post-MeToo ?

20 min
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Les mouvements féministes secouent les institutions : la nomination de Gérald Darmanin au ministère de l'Intérieur suscite de vives contestations et la Mairie de Paris est bousculée par la démission de Christophe Girard. Comment le pouvoir reste-t-il sourd aux revendications post-MeToo ?

"La honte!" Manifestation devant l'Hotel de ville le 23 juillet 2020
"La honte!" Manifestation devant l'Hotel de ville le 23 juillet 2020 Crédits : Bertrand GUAY - AFP

« Pas question de lâcher » Celles et ceux qui dénoncent la nomination de Gérald Darmanin au ministère de l'Intérieur le disent haut et fort : elles et ils maintiendront la pression tout l'été et après. L'ancien ministre du Budget est visé par une accusation de viol classée sans suite. Dans un premier temps, la procédure a été relancée par la Cour d'appel, qui a demandé de nouvelles investigations le mois dernier à Paris. 

La majorité municipale est secouée par une autre affaire. La semaine dernière, l'adjoint à la culture, Christophe Girard, a démissionné sous la pression d'élues écologistes et militantes féministes, estimant sa position intenable. Lui qui a été entendu dans le cadre de l'enquête pour viols sur mineurs visant Gabriel Matzneff, jeudi dernier, un rassemblement avait été organisé devant l'Hôtel de ville avec des pancartes aux slogans comme « Mairie de Paris, bienvenue à pédoland ». Hier soir, Médiapart nous apprenait aussi que les services municipaux ont découvert, avant cette manifestation, trois notes de frais de repas entre l'élu et l'écrivain réglées par la Ville. Anne Hidalgo en a informé le parquet de Paris. 

Au gouvernement, on soutient Gérald Darmanin au nom de la présomption d'innocence. A Paris, la maire a défendu Christophe Girard, se demandant : « Dans quelle démocratie vivons-nous où le droit est piétiné par la rumeur, les amalgames et les soupçons ? » 

Mais est-il seulement question de droit dans ces deux cas? Que disent ces affaires des évolutions de la société et de la capacité du politique à les absorber 

Les violences sexuelles restent et demeurent des choses banales avec laquelle les institutions ne s’encombrent pas. Voler de l'argent, c'est grave. Faire du trafic d'influence, c'est grave. Être au cœur de dossiers d'avantages en nature, c'est grave. Mais monnayer l'intervention d'élus contre des faveurs sexuelles le serait moins. Cela veut dire que tout ce qu'on a répété depuis tout ce temps n'a pas été entendu, métabolisé et digéré par ceux à qui on a parlé. Laurence Rossignol

Pour Laurence Rossignol, ancienne ministre des Droits des Femmes : "Nous sommes à un vrai moment charnière où il se passe quelque chose d'important dans la confrontation entre l'attente des femmes et la résistance ou l'indifférence de la société et des institutions. J'observe aussi qu'on retourne contre les femmes qui s'expriment les mêmes critiques et les mêmes anathèmes : elles sont violentes, hystériques et radicales. On essaye d'opposer un féminisme radical à un féminisme raisonnable or je pense que le féminisme radical est consubstantiel au féminisme."

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Intervenants
  • sénatrice et ancienne ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes
  • politologue, enseignant-chercheur en sciences politiques et chercheur associé au CERSA (Centre d'Etudes et de Recherches de Sciences Administratives et Politiques)

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