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Route de campagne

L’écrivain et le territoire : Jérôme Ferrari et Nicolas Mathieu sont les invités des Matins

45 min
À retrouver dans l'émission

Nous recevons deux écrivains ayant reçu un prix Goncourt : Jérôme Ferrari, prix Goncourt 2012, prix littéraire du "Monde" 2018 pour "À son image" ; et Nicolas Mathieu, Prix Goncourt 2018 pour “Leurs enfants après eux”.

Route de campagne
Route de campagne Crédits : Dan Thornberg / EyeEm - Getty

Provincial, horizontal, autogéré, transpolitique mais non partisan, le mouvement des Gilets Jaunes reste encore difficile à saisir et à définir pour les médias parisiens. Et comme souvent lorsque le journalisme peine à rendre compte d’un fait qui semble lui échapper, c’est vers la littérature qu’il faut se tourner pour tenter, par la fiction, d’éclairer le réel. La littérature peut-elle remplir les diagonales du vide ? 

Nous recevons : 

De 7h40 à 8h, Jérôme Ferrari, professeur de philosophie en Corse,  écrivain et traducteur. Il a eu le Prix Goncourt 2012 et le Prix littéraire du Monde 2018 pour "À son image" (Actes Sud).

Il est rejoint à partir de 8h20 par Nicolas Mathieu, écrivain, il a obtenu le Prix Goncourt 2018 pour “Leurs enfants après eux” (Actes Sud). 

Jérôme Ferrari : 

Ecrire un roman est une manière d'échapper à soi et d'accéder à l'altérité. Le plaisir de l'écriture est là. 

J'ai commencé à militer dans le mouvement nationaliste au début des scissions, en Corse. La plus grosse déception pour moi a été d'arriver au moment où le mouvement se délitait. Ca a été une désillusion radicale concernant le militantisme. 

L'existence de la violence du grand-banditisme en Corse touche tout le monde et corrompt les rapports sociaux. 

En Corse, ce que j'essaye de décrire, c'est une réalité de village. Dans un même petit endroit, on retrouve de nombreuses classes sociales. Un comptoir, c'est un réservoir romanesque. 

Nicolas Mathieu : 

Il y a une brutalité quai vous est faite quand vous n'avez "pas les moyens" pour une fille. Parce que lui c'est un petit mec et elle une petite bourge. 

La violence sociale se traduit par une autre violence : quand elle est exacerbée, que les gens ne trouvent plus les mots, elle se transforme en brutalité. 

Sous la langue qui semble partagée, il y a d'immenses malentendus, les personnages ne se comprennent pas. 

Les forces majeures du monde social sont celles-là : en général quand on est quelque part on y reste. Ca n'est pas le problème. Le problème, c'est que dans l'histoire qu'on se raconte, tout semble possible. 

Ecrire, c'est une manière de trouver sa place, c'est de là dont j'observe les choses. 

Le transclasse ne doit pas servir d'arbre qui cache la forêt. La réalité du monde social n'est pas celle-là. 

Le Goncourt : pour un transfuge comme moi, on a un fugace sentiment d'imposture. Moi on ne m'a pas dit : "Tu as ta place partout", on m'a dit : "Tu dois rester à ta place". 

Annie Ernaux a été déterminante pour moi. Ses livres m'ont permis d'analyser des ressorts, des hontes, qui ont été déterminantes dans ma vie. Elle m'a aussi permis de voir qu'on pouvait bricoler quelque chose à la frontière entre la littérature et les sciences sociales. 

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Bibliographie

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