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Quelles sont les frontières invisibles qui nous empêchent de regarder ailleurs ?

Covid-19 : les frontières visibles et invisibles de la pandémie

20 min
À retrouver dans l'émission

Tout -ou presque- se passe comme si la pandémie n'existait plus en France métropolitaine. Pourtant, l'organisation mondiale de la santé parle d'"accélération" de l'épidémie et le demi-million de morts est atteint. Dès lors que la pandémie n'est plus visible sous nos yeux alors elle n'existe plus ?

Quelles sont les frontières invisibles qui nous empêchent de regarder ailleurs ?
Quelles sont les frontières invisibles qui nous empêchent de regarder ailleurs ? Crédits : Martin Barraud - Getty

Malgré les alarmes de l'organisation mondiale de la santé sur une "accélération" de l'épidémie, en France métropolitaine nous parlons de la pandémie au passé, ou presque. Est-ce un tort ? La vie reprend, les frontières rouvrent…  

Pourtant, la situation est dramatique sur le continent américain. Les États-Unis ont recensé 39 379 nouveaux cas de Covid-19 en vingt-quatre heures, selon un dernier bilan publié dimanche 5 juillet par l’université Johns-Hopkins. Plus proche de nous, En Espagne, des reconfinements ont été décidés localement en Catalogne ou en Galice notamment.    

Comment circule encore le virus ? Qu’est-ce-que cela dit de nos frontières quelles soient corporelles, nationales, continentales, mentales ou sociales ?

Corps-frontière

La pandémie ignore beaucoup des frontières qui nous sont habituelles, elle a ses propres frontières. La première, c'est le corps, l'enveloppe du corps. La dernière c'est le monde dans toute sa dimension planétaire. Entre les deux, il y a ce qu'on appelle les clusters qui sont des réseaux de relation. De ce point de vue, l'anthropologie est très proche de l'épidémiologie. C'est intéressant de prendre conscience que les frontières peut-être les moins visibles, mais les plus réelles, sont justement celles que nous imposent la pandémie. Michel Agier

"Il existe des vaccins, comme celui de la grippe par exemple, qui ont un pouvoir de protection imparfait. Il est tout à fait clair que disposer d'un vaccin serait un instrument important pour se protéger contre la pandémie. Mais il ne faut pas voir l'arrivée d'un vaccin -qui pourrait effectivement être disponible en toute fin d'année- comme une potion magique qui va tout d'un coup tout enlever. Ce n'est sans doute pas le cas, mais bien sûr, ce serait un outil important." Marie-Paule Kieny

Tout le monde s'est rendu compte, qu'on le veuille ou non, que nous sommes tous dans le même monde. Nous le partageons. C'est ce que j'ai appelé, après le sociologue Ulrich Beck, le "cosmopolitisme forcé". Ce n'est pas une idée ingénue mais très réaliste. Ce qui est utopique et ingénu, c'est l'idée de pouvoir vivre replié sur soi. Qu'on le veuille ou non, on a besoin des autres qui sont plus loin, qui sont très loin parfois. Il faut arriver à prendre conscience réellement de cette cause commune, si je puis dire planétaire, qui inclut aussi le rapport au monde végétal, à la terre, aux animaux et faire ce "nous cosmopolitique". Pour l'instant, nous avons des identités politiques qui sont très locales, parfois régionales et nationales. Il faudrait qu'il y ait une dimension politique mondiale pour pouvoir guider démocratiquement ce besoin. Michel Agier 

Intervenants
  • anthropologue, directeur d'études à l'Ecole des Hautes études en Sciences sociales (EHESS) et chercheur à l'Institut de Recherche pour le Développement (IRD)
  • Vaccinologue, directrice de recherche à l’INSERM et présidente du comité vaccin Covid-19
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