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Amos Gitaï

Les mots peuvent-ils réparer l'histoire ?

18 min
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Comment la littérature peut-elle transmettre les événements tragiques ? Quels rapports les œuvres littéraires entretiennent-elles avec l'histoire ? Les arts peuvent-ils avoir une portée réparatrice ? Rencontre avec Amos Gitaï et Santiago Amigorena.

Amos Gitaï
Amos Gitaï Crédits : Christophe ARCHAMBAULT - AFP

En hommage à Albert Camus, qui a écrit Lettres à un ami allemand en pleine guerre, pour tenter de renouer un dialogue entre Allemands et Français, Amos Gitaï propose sa Lettre à un ami à Gaza. Des lectures poignantes de poèmes en hébreu et en arabe se mêlent à des projections et des déambulations musicales. Hommage à Camus donc, mais aussi hommage aux arts. Cette pièce, qui se jouera du 4 au 7 septembre au Théâtre de la Ville, interroge sur la puissance de la mémoire, le rôle de l’artiste dans la transmission ou encore sur le pouvoir de la littérature. 

En seconde partie, Amos Gitaï sera rejoint par l’écrivain Santiago Amigorena. Il signe chez POL Le Ghetto intérieur. Il y retrace la vie de son grand-père, qui s’est exilé en Argentine en 1929 et qui a laissé à Varsovie les siens… Ce récit qui apparaît comme un véritable combat contre le silence. 

"Je suis un grand collectionneur de contradictions. Aller vers la paix, c'est trouver une façon de dire que l'autre existe. Il n'y a pas de paix unilatérale (...). Quelle est l'alternative au cynisme et pessimisme ? Je préfère garder espoir car l'espoir change les choses." Amos Gitaï 

"Le cinéma peut dialoguer, interpréter. Tout est légitime dans le cinéma, mais il faut aussi ouvrir aux questions de forme. Amos Gitaï 

"Le roman se base sur une progression d’un homme, au fur et à mesure qu'il apprend des choses, vers le silence (...). L'arme de mon grand-père a été le silence". Santiago Amigorena 

"Ce qui est particulier dans l'histoire des juifs d'Europe de l'Est, c'est qu'il y en avait beaucoup qui ne se pensaient pas juifs. Ils étaient polonais, marchand de meuble, amateur de poésie... Le nazisme les a conduit à se penser comme juifs. Santiago Amigorena

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