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Des membres du comité de soutien de Vincent Lambert, jeudi devant le CHU de Reims.

Affaire Vincent Lambert : le débat impossible ?

45 min
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Alors que le processus d'arrêt des soins avait été enclenché par les médecins, la cour d'appel de Paris a ordonné hier soir la reprise du traitement de Vincent Lambert.

Des membres du comité de soutien de Vincent Lambert, jeudi devant le CHU de Reims.
Des membres du comité de soutien de Vincent Lambert, jeudi devant le CHU de Reims. Crédits : FRANCOIS NASCIMBENI - AFP

Après plusieurs années de polémiques, le processus d’interruption des soins de Vincent Lambert a débuté cette semaine, avant d'être annulé hier soir par une décision de la cour d'appel de Paris. 

Ses médecins avaient décidé, en accord avec la justice et une partie de la famille du patient, de mettre en place une sédation profonde et continue, jusqu’au décès. Nous tenterons aujourd’hui de démêler les enjeux d’une affaire qui est à la fois médicale, légale et familiale.  Pour en discuter aujourd’hui dans Les Matins de France Culture, Guillaume Erner reçoit Régis Aubry et Valérie Depadt,  

Jusqu’où peut-on aller dans les soins ?

Concernant Vincent Lambert, le diagnostic d’état végétatif chronique n’est pas à remettre en question (plusieurs nombreux experts l’ont confirmé). Ce qui fait difficulté dans cette situation de Vincent Lambert, c’est le désaccord irréductible entre différents membres de la famille… il s’agit de prendre une décision pour autrui, d’argumenter et de croiser des arguments différents sur le sujet… Dans la grande majorité des cas, nous arrivons à un accord avec la famille. L’idée est de pouvoir avoir une démarche éthique, imposer que chaque partenaire de la discussion accepte de modifier son avis sous l’influence des arguments d’autrui… Quand l’accord est impossible, on s’en réfère à la loi… Les directives anticipées s’imposent au médecin. En l’absence de directives anticipées, le médecin est responsable de cette décision. Régis Aubry.

On bascule du soin bénéfique à l’obstination déraisonnable lorsque les soins deviennent disproportionnés, n’ont plus d’effet et servent simplement au maintien de la vie… C’est sur cette définition, qu’il y a divergence. Valérie Depadt.

Il est maintenant démontré que des personnes en état végétatif chronique peuvent avoir des douleurs…. On a des capacités liées à l’observation, il y a des échelles d’évaluation de la douleur, même si c’est indirect… Chez Vincent Lambert, ça n’est pas tant la souffrance physique, la douleur, qui a fait qu’à un moment, on arrête les soins, que le fait d’une volonté présumée et antérieure du patient, qui a semblé prévaloir sur les opinions autres. Régis Aubry.

La loi : 

En France, il n’y a que les directives anticipées qui peuvent s’opposer au médecin. Valérie Depadt.

En général, on n’est pas dans cette situation singulière de Vincent Lambert. Ce qui fait qu’on en arrive là, c’est l’opposition irréductible des parents… Cet accord au sein de la famille qui ne peut pas se faire, en général, c’est vers le médecin qu’on se tourne pour fonder une décision à la croisée d’avis divergents. Il faut faire très attention aux positions des médecins quand elles sont individuelles… Je sais gré au droit français d’avoir obligé à une procédure collégiale…  Régis Aubry.

Aucune loi ne va jamais répondre à l’ensemble des cas. Chaque cas est un cas en lui-même. Ce serait être naïf que de le croire. Valérie Depadt.

La loi Leonetti fait imposer, en cas d’absence de directives anticipées, des procédures collégiales… Régis Aubry.

Les proches, l’entourage, ont droit de faire appel de la décision du médecin. Valérie Depadt.

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Intervenants
  • maître de conférences en droit privé, spécialisée en biomédecine, a pris part à la mission présidentielle de réflexion sur la fin de vie dirigée par le professeur Didier Sicard
  • président de l'Observatoire national de la fin de vie, chef du service des soins palliatifs au CHU de Besançon
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