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Retour à l'école le 12 mai
Épisode 5 :

Les relations amoureuses

16 min
À retrouver dans l'émission

Ce matin, pour clôturer notre série "Pandémie : ce qui a déjà changé", place aux relations amoureuses. Après deux mois de confinement et une crise sanitaire, l'amour se vit-il aujourd’hui différemment ? Pour en discuter, nous recevons Eva Illouz.

Un amour qui cloche ?
Un amour qui cloche ? Crédits : AlexSava - Getty

Le confinement a perturbé le quotidien et l'intimité de chacun. Les couples ont fait l'expérience d'une proximité constante ou dans certains cas d'une relation à distance. Les célibataires ont dû se contenter de flirts virtuels. Une épreuve pour certains, un parenthèse appréciée par d'autres. Comment s'aimer dans l'isolement et l'attente ? A quoi vont ressembler les rencontres post-confinement ? Comment la pandémie a-t-elle déjà changé nos relations amoureuses ? 

Pour en parler, nous recevons Eva Illouz, sociologue et auteure notamment de “la Fin de l’amour, enquête sur un désarroi contemporain” paru au Seuil

Quand le foyer devient oppressant 

Cette crise a un caractère paradoxal puisqu’il s’agit d’une crise qui a été gérée de l’intérieur de la sphère du privé et de l’intime. L’intime a joué un rôle qu’il n’avait peut-être jamais joué dans nos temps modernes. En temps normal l’intime suppose l’équilibre entre l’absence et la présence. Et là, l’intimité n 'a pas été soutenu par le monde extérieur. Eva Illouz

"Hannah Arendt était très inspirée par Aristote pour qui la sphère publique et la sphère privée respectent un ordre hiérarchique. Et pour eux, la sphère privée est nécessaire mais elle est inférieure à la sphère publique qui est celle qui permet de décider des actions de la société. Et cette crise a été comme une vaste expérience faite sur des milliards de gens. Et elle a donné raison à Arendt, le foyer a vraiment de sens que si il est sous-tendu d’un monde public. Un foyer sans contact avec le monde extérieur devient inintéressant ou opprimant."

 Nouvelle manière de voir et penser l'amour ? 

" La définition principale que les célibataires attribuent à leurs vies est la notion  de liberté. Et cette liberté sociologiquement a une expression dans un certain modèle de vie. Or, ce modèle de vie et donc de célibat s’est arrêté d’un coup d’un seul. Et la privation du monde social a sans doute été bien plus compliqué pour eux."

Pour les familles conventionnelles, la crise a mis en relief des choses plus floues. Le confinement a eu pour effet de faire en sorte que les hommes et les femmes d’ordinaire séparés durant le travail se sont retrouvés enfermés ensemble et ça a exacerbé certaines tensions dans leurs foyers. Les violences conjugales ont été plus nombreuses. Et on a vu des files d’attentes très longues devant les tribunaux en Chine car de nombreux couples voulaient divorcer après le confinement. Ces divorces sont l’illustration qu’une intimité prolongée n’est as une bonne manière de vivre le couple. Eva Illouz

Vous pouvez (ré)écouter l'interview en intégralité en cliquant sur le player en haut à gauche de cette page.

Et pour ne rien louper de la seconde partie de l'émission, c'est par ici. 

Chroniques

8H00
16 min

Journal de 8 h

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