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Paris sous un nuage de pollution

Pollution : quoi de nouveau sous le soleil ?

17 min
À retrouver dans l'émission

L’épisode de pollution atmosphérique se poursuit aujourd’hui en France, en particulier dans le Nord, le Pas-de-Calais, en Ile-de-France et dans le Rhône. En Ile-de-France, les concentrations en particules fines dans l’air ont dépassé la semaine dernière le seuil d’information.

Paris sous un nuage de pollution
Paris sous un nuage de pollution Crédits : kiszon pascal - Getty

Les préfectures des différentes régions concernées ont abaissé la vitesse de circulation de 20 km/h sur plusieurs axes. A Paris et en proche banlieue, les véhicules les plus polluants ont interdiction de circuler ce mercredi. 

Alors que les particules fines provoquent 48 000 morts par an en France, de quoi se constitue la pollution de l’air ? La voiture est-elle la principale responsable de la pollution de l’air ? Les politiques publiques qui luttent contre ce phénomène sont-elles efficaces ?

Jean-François Doussin, professeur en chimie atmosphérique à l’Université Paris-Est Créteil, chercheur au LISA Laboratoire interuniversitaire des systèmes atmosphériques du CNRS.

Si on s'intéresse aux quelques dernières décennies, la situation de la pollution s'est plutôt améliorée. Mais nos pratiques de vie se sont elles aussi améliorées et il devient de moins en moins acceptable de connaître les problèmes sanitaires qu'induisent la pollution atmosphérique et les particules fines.

Les événements qu'on connaît depuis deux semaines à Paris sont assez typiques des événements d'hiver : on a la formation d'un cercle d'inversion. C'est-à-dire que nous vivons dans ce qu'on appelle le cercle limite atmosphérique, les premiers mètres de l'atmosphère. Cette couche fait normalement de l'ordre de 1 000 mètres de haut. Seulement dans les conditions que l'on connaît aujourd'hui, elle fait de l'ordre de 200 mètres. On a donc les mêmes émissions que d'habitude - parfois un peu plus fortes quand il fait froid la nuit - mais dans une boite qui est 5 fois plus petite. Donc très clairement ça fait exploser les concentrations aussi bien de particules fines mais pas seulement, les oxydes d'azote aussi.

Pourquoi les particules fines sont-elles dangereuses ?

Ces particules peuvent contenir des milliers de composés chimiques différents. Parmi ces composés, certains sont susceptibles d'être toxiques, d'être cancérigènes, d'être des irritants. Et on retrouve des effets cardio-vasculaires, des effets évidemment pulmonaires, des effets cérébraux, des troubles cognitifs.

Selon une étude de l'Institut de veille sanitaire, aujourd'hui Sante publique France, l'étude Aphekom, si l'on ramenait la concentration de particules fines à la norme ou au recommandations de l'OMS, on pourrait gagner dans des villes comme Lille, Paris ou Lyon 6 mois de vie en moyenne.

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Intervenants
  • professeur en chimie atmosphérique à l’Université Paris-Est Créteil, chercheur au LISA Laboratoire interuniversitaire des systèmes atmosphériques du CNRS.
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