LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Assemblée nationale, Paris

Premier tour des législatives : les nouveaux visages de la République

17 min
À retrouver dans l'émission

Nous recevons ce matin, Jean Fabien Spitz, professeur de philosophie politique émérite à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, auteur de Mythe de l’impartialité (PUF) en 2014 pour décrypter les résultats du premier tour des élections législatives

Assemblée nationale, Paris
Assemblée nationale, Paris Crédits : TRIPELON-JARRY - AFP

Au lendemain d'un premier tour des élections législatives qui marque un franc succès du mouvement d'Emmanuel Macron, La République en marche, retour sur la signification et les perspectives de ce moment-clef de la démocratie française avec le professeur émérite de philosophie politique Jean-Fabien Spitz. Quels sont les enseignements principaux du scrutin ? Comment interpréter les grands thèmes du débat public -renouvellement, moralisation..- à l'aune de l'histoire de la République? Quels sont les autres "moments" de notre histoire symbolisés par des assemblées largement dominées par un parti ou un camp, comme cela s'annonce à l'issue du second tour dimanche prochain ?

Les projections donneraient de 400 à 440 sièges à la République en Marche et au Modem. Qu’est-ce que moment unique vous inspire ?

Il ne s’agit pas de dire qu’on va avoir un régime dans lequel il y aura un parti unique. Le parti unique interdit aux autres partis de se présenter, ce n’est pas la situation dans laquelle nous sommes. Il est vrai que cette situation laisse une grande marge de manœuvre au pouvoir qui vient d’être établi pour promouvoir son projet.

A LIRE: En 1919, le grand renouvellement de la Chambre "bleu horizon" aux législatives

Un chiffre retient l’attention, celui de l’abstention record, 51,5% d’abstention au premier tour. Qu’est-ce que vous en pensez ?

Je pense que cela s’explique très bien avec un proverbe, « Qui ne dit mot consent ». Je ne pense pas que l’abstention représente une opposition à ce qui se produit mais plutôt une adhésion passive, avec le sentiment que les projets de réforme sont inévitables mais désagréables.

On parle de "nouveau", c’est devenu une valeur centrale. Or les « têtes » élues ne sont pas si nouvelles que ça.

Ce n’est certes pas un renouvellement complet, mais un renouvellement notable. Les gens qui vont siéger dans cette Assemblée n’ont pour beaucoup d’entre eux jamais siégé dans une Assemblée de ce genre. Il y a véritablement un rejet d’un mode de gouvernement, fondé sur le fait que les gens sont des professionnels de la politique, avec la volonté de faire accéder au pouvoir des gens qui ont connaissance de la vie sociale.

"Beaucoup de citoyens réfléchissent non en termes de ce qu’ils veulent mais en termes de ce qui est possible."

Tout ceci se fait au détriment des partis traditionnels. Est-ce que l’état du PS et plus généralement de la gauche vous parait être une situation durable ?

L’état de la gauche, c’est bien sûr l’état des partis de gauche mais aussi des idées de gauche, dont le cœur est qu’une société est en bonne santé si elle introduit une égalité aussi grande que possible. Ces idées sont en crise. Il y a un pessimisme sur la possibilité des idées de gauche de donner lieu à un gouvernement effectif. Beaucoup de citoyens réfléchissent non en termes de ce qu’ils veulent mais en termes de ce qui est possible.

Retrouvez la seconde partie de cet entretien.

Bibliographie

bibliography

Le mythe de l'impartialitéPUF Collection Leviathan, 2014

Intervenants
L'équipe
Production
Production déléguée
Réalisation
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......