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Sculpture avec la cathédrale de Strasbourg en toile de fond

Prolongation de l’état d’urgence sanitaire et libertés, un exercice d’équilibriste

38 min
À retrouver dans l'émission

Suivi des malades, traçage, verbalisation... le projet de loi de prolongation de l’état d’urgence sanitaire dessine la nouvelle stratégie gouvernementale française. Quel est l’impact sur les droits et libertés ? Nous en parlons ce matin avec Denis Salas.

Sculpture avec la cathédrale de Strasbourg en toile de fond
Sculpture avec la cathédrale de Strasbourg en toile de fond Crédits : PATRICK HERTZOG - AFP

Le gouvernement a décidé samedi, au cours d'un Conseil des ministres exceptionnel, la prolongation pour deux mois, de l'état d'urgence sanitaire pour lutter contre la pandémie. Le projet de loi, qui sera discuté à l’Assemblée nationale, précise ainsi la stratégie nationale de déconfinement. Abandon de l’application StopCovid, extension des pouvoirs de verbalisation ou encore précision sur les mesures de quarantaine et d’isolement… Que contient ce nouveau projet de loi ? Justifié par la nécessité de maintenir les efforts, faut-il s’inquiéter du prolongement de cet état d’exception ? Quel impact cette période aura sur les libertés publiques et individuelles ? 

Pour en parler, le magistrat Denis Salas, Président de l’association française pour la justice est l'invité des Matins. 

Faire coexister l'anthropologie et l'humanisme 

Il y a une particularité dans cette pandémie qui affecte les pratiques de deuil. La mort n’est pas qu’un fait biologique, c’est un fait social également. Et la dimension symbolique dans cette pandémie est totalement écartée. Je pense qu’il faudra nécessairement réfléchir à ces rituels qui sont en ce moment désarticulés. Denis Salas

"On est dans une phase de transition très particulière. On passe d’un confinement absolu avec un pouvoir extrême des parties civiles avec un déconfinement inverse où on redistribue le pouvoir, aux régions, aux collectivités ou encore aux écoles. On est toujours dans le cas d’une privation de liberté qui réintroduit la place du juge, ce qui devrait limiter les décisions arbitraires."

Protéger le corps social sans restreindre les libertés individuelles 

Ce qui est inquiétant avec la nouvelle place donnée à la police c’est la dimension de leurs pouvoirs dans les transports en commun. On va étendre le pouvoir de verbalisation de la police. Mais à quoi servira ce contrôle pénal ? Il serait mieux de demander à ces policiers de faire un rappel pédagogique de la loi et de se doter d’une police citoyenne pas inutile dans un tel contexte. Denis Salas

"Dans un premier temps, il y avait une volonté de l’État de reteindre les mouvements en prison en supprimant les parloirs et en limitant les promenades. Et on s’est rapidement aperçu que ces mesures pouvaient être extrêmement dures et ont donné lieu à des émeutes. Les décisions de réduire la densité carcérale en libérant 11 000 prisonniers visent donc à réduire les tensions. D'ailleurs, désengorger les prisons d'une telle manière est une mesure totalement inédite."

Vous pouvez (ré)écouter l'interview en intégralité en cliquant sur le player en haut à gauche de cette page.

Intervenants
  • magistrat, enseignant chercheur à l'ENM et essayiste
L'équipe
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