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Statue équestre de Jeanne d'Arc place des Pyramides dans le Ier arrondissement de Paris

Qui aura les voix de Jeanne d’Arc ?

19 min
À retrouver dans l'émission

Alors que les syndicats défilent aujourd'hui en ordre dispersé pour célébrer la journée internationale des travailleurs et marquer leur opposition à l'extrême droite, les cadres du FN ne se rendront pas au pied de la statue parisienne de Jeanne d'Arc.

Statue équestre de Jeanne d'Arc place des Pyramides dans le Ier arrondissement de Paris
Statue équestre de Jeanne d'Arc place des Pyramides dans le Ier arrondissement de Paris Crédits : CHRISTOPHE LEHENAFF / PHOTONONSTOP - AFP

Cette année, Marine Le Pen, qui sera en meeting à Villepinte, ne prononcera pas de discours près de la statue de Jeanne d'Arc érigée place des Pyramides à Paris. L'an passé déjà le traditionnel défilé frontiste du 1er mai avait été remplacé par un "grand banquet national". Un banquet duquel n'était pas absent l'hommage à Jeanne d'Arc, mais censé figurer l'image d'un parti "apaisé" et "innovant", capable d'attirer à lui davantage d'électeurs. Ce qui n'avait cependant pas empêché Jean-Marie Le Pen d'organiser un rassemblement dissident au pied de la statue de Jeanne d'Arc, ce qu'il fera de nouveau aujourd'hui puisqu'il prévoit d'y prononcer un discours vers 11h.

En abandonnant ce défilé, le Front national se distancie d'une tradition bien ancrée dans la vie du parti. Depuis 1979, date du premier défilé, jusqu'en 1987, l'hommage à Jeanne d'Arc avait lieu le 8 mai, jour anniversaire de la libération d'Orléans. En 1988, Jean-Marie Le Pen change la date de cet hommage au 1er mai pour ne pas interférer avec le second tour de l'élection présidentielle qui se tient alors le 8 mai. Au fil des ans, la figure de Jeanne d'Arc devient ainsi étroitement liée à la droite nationaliste et catholique, qui la brandit comme un symbole de résistance.

Cette célébration plus discrète de la figure de Jeanne d'Arc participe-t-elle de la stratégie de dédiabolisation tant vantée par le FN et signe-t-elle un rapport renouvelé à l'histoire de la part du parti frontiste ? Pour en discuter, Florian Delorme reçoit l'historien Nicolas Offenstadt : historien médiéviste et spécialiste de la Première Guerre mondiale, il a travaillé sur les usages politiques de l'histoire. Il sera rejoint en seconde partie d'émission par Stéphane Wahnich qui a analysé le discours frontiste à 20 ans d'intervalle : en 1997 dans un livre intitulé Le Pen, les mots (écrit avec Isabelle Cuminal, Maryse Souchard et Virginie Wathier, ed. La Découverte) et en 2015 dans Marine Le Pen prise aux mots (écrit avec Cécile Alduy, ed. du Seuil).

Une émission présentée par Florian Delorme.

Intervenants
  • historien, maître de conférences à l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne
L'équipe
Production
Production déléguée
Réalisation
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