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"On est bien mieux masqué que confiné"

Reprise et peur de reprise de l'épidémie : comment trouver la juste mesure ?

31 min
À retrouver dans l'émission

Alors qu'une "seconde vague" épidémique plane telle une menace, l'hypothèse d'une reconfinement généralisé parait peu probable. Qu'a-t-on appris de la première phase de confinement ? Comment mettre en place un confinement localisé ? Comment protéger les plus vulnérables ?

"On est bien mieux masqué que confiné"
"On est bien mieux masqué que confiné" Crédits : Philippe LOPEZ - AFP

Alors qu'Olivier Veran expliquait dans son dernier point quotidien que nous étions revenus à un niveau épidémique comparable à celui de la fin du confinement, le ministre comme les professionnels de santé en appelle toujours à la vigilance collective.

Etat des lieux de l’épidémie 

D'après l'épidémiologiste Arnaud Fontanet : "la situation en France devient préoccupante. Depuis la sortie du confinement, le nombre de cas secondaires par personne affectées est passé de 0,7 à 1,3. Quand chaque malade affecte plus d'une personne, l'épidémie reprend alors que si le nombre reste inférieur à 1, elle est en déclin. Nous sommes donc dans une phase ascendante : on dénombre aujourd'hui 1000 nouveaux cas par jour sur le territoire français. Par ailleurs, ce chiffre est certainement plus élevé puisque ce chiffre ne prend en compte que les personnes qui sont allées se faire diagnostiquer. Nous sommes passés d’une moyenne de 5 nouveaux clusters par jour 10 clusters par jour. On voit bien que l'épidémie reprend progressivement à la faveur d'un certain relâchement des mesures barrières qui, jusqu'à présent, étaient plutôt bien respectées."

Il y a quelque chose de fondamental à comprendre : pour que ce virus s'arrête de circuler spontanément, il faudra qu'au moins 50 % de la population adulte ait été infectée. Nous en sommes à peine à 5 à 10 %. On fait du chemin mais tant qu'on n'aura pas compris cela, on se dira à tort que le virus est derrière nous. Arnaud Fontanet

Ce dernier ajoute que : "L'évolution de cette épidémie qui pourrait se faire sur 2 ans, avec peut être des accélérations saisonnières parce que c'est un virus respiratoire. C'est un virus qui circulera mieux pendant l'hiver."

Quels enjeux éthiques du reconfinement ? 

Au Comité consultatif national d’éthique on alerte sur les risques affectifs de l'isolement qui pouvaient s'ajouter au risque épidémique et au risque discriminatoire des personnes extrêmement vulnérables en établissement qui vivaient une sorte de confinement dans le confinement. Karine Lefeuvre

La présidente par intérim du Comité consultatif national d'éthique, Karine Lefeuvre, ajoute que : "Bien sûr que dans un état d'urgence sanitaire, il y a des restrictions nécessaires qui doivent être strictement encadrées pour protéger la population. Mais malgré tout, il faut absolument continuer de respecter les exigences fondamentales de l'accompagnement et du soin, c'est à dire le respect de la dignité, le droit au maintien d'un lien social."

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Bibliographie

Intervenants
  • Directeur de l'unité d'épidémiologie des maladies émergentes à l'Institut Pasteur de Paris
  • Professeur de droit privé à l’Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique, présidente par intérim du CCNE pendant la crise du COVID-19

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