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Photo d'une plage prise en Australie.

La réinvention du tourisme et de ses imaginaires

26 min
À retrouver dans l'émission

Pour le début des vacances de l'été 2020, certaines frontières ont rouvert mais d’autres sont toujours fermées. Les touristes étrangers pourraient manquer à l’appel et les Français se concentrer sur l’hexagone. La pandémie a-t-elle changé la donne ? Le tourisme est-il contraint de se réinventer ?

Photo d'une plage prise en Australie.
Photo d'une plage prise en Australie. Crédits : ampueroleonardo - Getty

1.200 à 3.300 milliards de dollars de manque à gagner. C’est le montant vertigineux des pertes mondiales auxquelles va devoir faire face le secteur du tourisme dans le second trimestre 2020. Une estimation publiée mercredi 1er juillet 2020 par l’ONU. A l’échelle nationale comme internationale, l’économie du tourisme est l’une des plus touchées par la crise du coronavirus. A quoi faut-il s’attendre pour la saison estivale ? Est-ce le moment de changer de modèle et la fin de l’euphorie touristique ?  

Guillaume Erner reçoit Maria Gravari-Barbas, professeure de géographie à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, directrice de l’EIREST, Equipe interdisciplinaire de recherches sur le tourisme, coordonne la chaire Unesco « Culture-Tourisme-Développement » et Jean-Didier Urbain, anthropologue, spécialiste des mobilités et du voyage, auteur de « Une histoire érotique du voyage », ed. Payot 2017.

La difficulté de projection fait qu'on ne sait pas à quoi va ressembler l'été 2021, la question essentielle c'est comment le tourisme, en tant que phénomène social et économique, va se profiler dans les années à venir. Les mobilités internationales sont liées les unes aux autres, c'est ce qui fait que cette crise est inédite. (Maria Gravari-Barbas)

La part de tourisme dans le PIB de la France n'est que à 7.4%. On voit quand on compare avec les autres pays européens que la France se situe bien en deçà de la Croatie. La France peut envisager un été non pas serein mais moins dramatique que certains pays : déjà parce qu'elle peut compter sur son tourisme national, mais aussi parce qu'elle peut compter sur le tourisme européen.(Maria Gravari-Barbas)

Cette crise pourrait repositionner certaines politiques locales. On incrimine souvent le touriste mais le tourisme c'est d'abord la responsabilité de ceux qui l'encouragent : les politiques d'attraction concentrées voire concentrationnaires. Je pense à des villes comme Dubrovnik, ou comme Barcelone,  Amsterdam qui ont développé des politiques du tourisme par forcément responsables et qui en contre coup affrontent un sur-tourisme qu'elles ne contrôlent pas. On créé des disproportions en terme d'habitants et de tourisme qui sont absolument invivables d'autant qu'il s'agit d'un tourisme qui n'est pas saisonnier mais se répartit sur toute l'année. Une situation qui pourrait être un avantage se transforme en un certain harcèlement sociologique de l'indigène par le visiteur. Et ça n'est pas en s'en prenant au visiteur qu'on va régler le problème, mais aux autorités locales. (Jean-Didier Urbain)

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Intervenants
  • professeure de géographie à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, directrice de l’EIREST (Equipe Interdisciplinaire de Recherche Sur le Tourisme), coordonne la chaire Unesco « Culture-Tourisme-Développement ».
  • Anthropologue, professeur à l'université Paris-Descartes.

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