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François Bayrou et le Premier ministre Edouard Philippe au sortir du Conseil des ministres du 14 juin 2017

Remanier, pour ne pas se renier ?

18 min
À retrouver dans l'émission

Contraint de former hier un nouveau gouvernement, Emmanuel Macron se retrouvait déjà dans l’obligation de remanier pour ne pas se renier. Pour en discuter aujourd’hui dans Les Matins de France Culture, Guillaume Erner reçoit Hélène Bekmezian et Pascal Perrineau.

François Bayrou et le Premier ministre Edouard Philippe au sortir du Conseil des ministres du 14 juin 2017
François Bayrou et le Premier ministre Edouard Philippe au sortir du Conseil des ministres du 14 juin 2017 Crédits : Patrick KOVARIK - AFP

Cela devait être un ajustement technique, cela sera finalement un remaniement gouvernemental d’ampleur. Porté au pouvoir par la multiplication des affaires judiciaires touchant ses adversaires et par le ralliement de François Bayrou à sa candidature, Emmanuel Macron entamait son quinquennat débiteur de cette double dette de transparence vis-à-vis des Français et de reconnaissance vis-à-vis du président du MoDem. En confiant à François Bayrou le soin de présenter une grande loi de moralisation de la vie politique, le Président de la République pensait s’acquitter sans heurts de ses premières obligations politiques. Comme le râle d’un monde ancien qui refuse de céder, les soupçons judiciaires et médiatiques entourant d’abord Richard Ferrand puis les ministres MoDem viennent pourtant d’entraîner la démission d’un quart du premier gouvernement Macron, un mois à peine après son entrée en fonction.

Votre réaction à ce remaniement gouvernemental ?

C’est un gouvernement plutôt technique. Les fortes voix politiques se résument à quatre ou cinq personnes. C’est également un gouvernement de fidèles. Emmanuel Macron a rappelé auprès de lui quelques membres de sa garde rapprochée. Hélène Bekmezian

On en vient à un schéma où le président est un super premier ministre. La marge d’indépendance laissée à son premier ministre est de plus en plus faible. Quelques caractéristiques d’une hyperprésidence sont en train de se mettre en place. Pascal Perrineau

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Quand on voit cette large majorité pour la République en marche, on peut se demander à quoi vont vraiment servir les députés, à part voter les lois que le gouvernement donne à voter ?

Il n’y a pas beaucoup de doutes sur le fait que ce sera avant tout un groupe qui votera les textes et s’opposera assez peu. Mais il y aura tout de même certaines personnes qui vont sortir du lot parce qu’elles auront des postes exposés, parce qu’elles auront l’habitude de s’exprimer dans les médias… Hélène Bekmezian

L’Assemblée reste un lieu de pouvoir vide, mais pas totalement. On va sûrement voir apparaître dans les semaines à venir quelques premiers rôles autour desquels va se structurer le travail de contrôle entre la majorité législative et le gouvernement. Pascal Perrineau

A l’Assemblée il y a les groupes du Modem et des Républicains, qui vont a priori voter avec le gouvernement. Mais on ne sait pas comment cela va évoluer. Il se pourrait très bien que cette majorité devienne une majorité fragile.

Un des principaux risques quand on a un groupe majoritaire très large est de générer de la déception et de la frustration parmi ses membres. Se pose la question de savoir comment faire vivre un collectif avec des gens différents et de comment maintenir l’intérêt des députés. Hélène Bekmezian

Ces majorités larges ont toujours historiquement posées problème. Par ex en 1968 il y a eu un véritable raz-de-marée d’une majorité de droite. Dès 1969 c’et de cette majorité que sont venues les difficultés. Pascal Perrineau

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Retrouvez la deuxième partie de l'émission ici

Intervenants
  • Journaliste, rédactrice en chef adjointe pour lemonde.fr
  • Politologue et professeur des Universités à Sciences Po, ancien directeur du CEVIPOF
L'équipe
Production
Production déléguée
Réalisation
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