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Christophe Castaner entendu par la commission des lois de l'Assemblée nationale le mardi 8 octobre 2019.

Signaux faibles de radicalisation : vers une société de la surveillance ?

39 min
À retrouver dans l'émission

L'attaque du 3 octobre à la préfecture de police de Paris continue de susciter de nombreux débats. Le profil du tueur pose la délicate question du signalement de la radicalisation dans les services de police, et plus largement dans la fonction publique.

Christophe Castaner entendu par la commission des lois de l'Assemblée nationale le mardi 8 octobre 2019.
Christophe Castaner entendu par la commission des lois de l'Assemblée nationale le mardi 8 octobre 2019. Crédits : Philippe LOPEZ - AFP

Mardi 8 octobre dernier, Emmanuel Macron a appelé à « bâtir une société de vigilance » afin de savoir repérer « les petits gestes qui signalent un éloignement d’avec les lois et valeurs de la République ». Le président de la République a prononcé ce discours lors de l’hommage aux quatre fonctionnaires tués par Mickaël Harpon lors de l’attaque à la préfecture de police de Paris. 

Entendu le même jour par la commission des lois de l'Assemblée nationale, Christophe Castaner a affiché sa volonté de signaler systématiquement tous les individus présentant des "signaux" de radicalisation. Parmi les "indices" de radicalisation formulés par le ministre, il y a le port de la barbe, la pratique régulière et ostentatoire de la prière rituelle, une pratique religieuse exacerbée en matière de Ramadan, ou encore le refus de serrer la main de faire la bise ou de faire équipe avec une femme.

Qu'est-ce qu'un signal faible de radicalisation ? Ce type d'indicateur est-il fiable ? Que penser du signalement systématique de ces signes au sein de la fonction publique ? La lutte contre le terrorisme nous dirige-t-elle vers un nouveau modèle de contrôle social, celui de la société de la vigilance ?

Pour en parler, nous recevons Gérald Bronner, professeur de sociologie à l’université Paris-Diderot, auteur notamment de « Déchéance de rationalité » (Grasset). Hélène L’Heuillet, philosophe et psychanalyste, maîtresse de conférences en philosophie politique et éthique à Sorbonne Université, auteure notamment de “Tu haïras ton prochain comme toi même” (ed. Albin Michel).

Gérald Bronner : 

« _La détection de signaux faibles de radicalisation ne date pas d'aujourd’hui_, depuis 2014 il est possible de signaler sur un numéro vert « stop djihadisme »

« On ne peut pas porter le même regard sur tous les endroits de la société : un individu habilité secret défense qui dit « bien fait » à propos de l’attentat à Charlie doit en effet être signalé. » 

« Ce qui est sûr c’est qu’on ne détectera pas le passage à l’acte en regardant la barbe pousser ou l’arrêt d’une pratique sportive. En revanche, des études pointues sont faites sur les activités bancaires : ces signes sont plus intéressants que les signes physiques. »

« Il y a un problème, c’est de savoir s’il va y avoir un passage à l’acte : il y a des terroristes qui hésitent juste avant d’agir, on les appelle les « refusants ». »

« Concernant la condition sociale dans la pratique djihadiste, on a en France et en Belgique des individus de quartiers sensibles, plutôt pauvres, avec de la petite délinquance, ce qui n’est pas le profil du djihadiste à l’international. »

Hélène L’Heuillet : 

« Le langage mord sur les pulsions, à partir du moment où on s’intéresse au langage, aux mots, aux idées d’une personne, la tentation du passage à l’acte peut être diminuée. »

« On est dans une société où il y a une avidité de l’œil, il y a une gourmandise de l’œil, qui peut être sollicitée chez chacun de nous. Du côté de l’écoute ou du langage il y a moins d’attirance et de perversion. »

« La société de vigilance a existé en ex-RDA. Il y a un glissement de la solidarité envers quelqu’un qui est attaqué, vers la surveillance. » 

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Intervenants
  • Professeur de sociologie à l'université de Paris, membre de l'Académie des technologies et membre de l'Académie nationale de médecine
  • Psychanalyste, philosophe, maîtresse de conférences en philosophie politique et éthique à Sorbonne-Université
L'équipe
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